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Ça y est, le grand dialogue national initié par le président camerounais, Paul Biya, en vue de trouver une solution à la grave crise qui secoue la partie Nord-Ouest et Sud-Ouest du pays, est désormais effectif et ce, depuis le 30 septembre. Si l’on s’en tient aux symboles qui ont marqué la cérémonie d’ouverture des travaux, l’on ne peut être optimiste quand à l’issue de ces pourparlers entre frères ennemis. En effet, des ex-combattants du maquis ont d’abord chanté en chœur l’hymne national, avant que l’un d’entre eux ne rassure en ces termes : « Comme moi, beaucoup sont prêts à rendre les armes, mais ils attendent de connaître les intentions du gouvernement à leur égard ». C’est dire si ces jeunes veulent des garanties. Et ils n’ont pas tort, car Paul Biya passe pour être un grand boulanger de l’Afrique contemporaine. Du reste, le fait de n’avoir pas élargi les prisonniers qui, pourtant, sont concernés au premier chapitre, et son absence à l’ouverture des travaux, laissent planer des doutes sur sa bonne foi. Peut-on faire le bonheur de quelqu’un en son absence? Cela dit, ce dialogue permettra-t-il aux acteurs de fumer le calumet de la paix? Rien n’est moins sûr. Tant et si bien qu’un dialogue, peu importe la qualité des participants, pourrait constituer pour lui une bouffée d’oxygène.LePays