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«L’Assemblée nationale du Mali considère que tous les groupes armés qui ont agressé et occupé notre pays sont des terroristes qui doivent être traités comme tels par tous». Par cette déclaration, le président intérimaire de l’Hémicycle, l’honorable Younoussi Touré semble écarter tout dialogue avec les envahisseurs qui sèment la mort et la désolation dans le septentrion malien depuis plusieurs mois.

Dans son récent message à la nation du 22 septembre 2012, à propos de la crise du Nord du pays, le président de la République par intérim, Pr Dioncounda Traoré indiquait que son premier choix, son deuxième ou troisième choix reste le dialogue et la négociation. Avant de conclure qu’il ne fera la guerre que comme ultime recours, quand il n’aura pas d’autre choix. L’option de la guerre est apparemment l’unique option faite par le président de l’Assemblée nationale. Celui-ci déclarait à l’ouverture de la session d’octobre, le lundi dernier, que l’institution considère que tous les groupes armés, qui ont agressé et occupé le Mali, sont des terroristes.

Et ils doivent être traités comme tels par tous. En clair, pour Younoussi Touré, que ce soit AQMI, MUJAO, Ançar Dine ou le MNLA, ces agresseurs ne connaissent que le langage de la violence. Il faut donc leur proposer le même langage: la guerre. C’est dans ce sens qu’il dira «qu’il y a urgence à libérer notre pays occupé aux deux tiers; qu’il ya urgence à libérer notre peuple de l’asservissement en plein 21ème siècle». Et Younoussi Touré de dénoncer les destructions massives opérées par les «assaillants».

Ce qui se joue dans cette zone du pays, a expliqué le président de l’Hémicycle, est la conséquence des luttes d’influences des grandes puissances et de leurs alliés pour le contrôle des ressources potentielles du sol et du sous-sol de la région. Selon le nouvel occupant du perchoir, ces terroristes «ne sont que des instruments conscients ou inconscients de cette stratégie de positionnement pour le partage des richesses de cette zone». Il a alors réaffirmé que l’assemblée nationale fait confiance à l’Armée nationale pour reconquérir les zones occupées.

Elle ne pourra le faire avec succès, a-t-il indiqué, qu’avec le réarmement moral de ses troupes et lorsqu’elle aura retrouvé son unité. L’honorable Younoussi Touré s’est félicité de l’accord intervenu entre le Gouvernement, la CEDEAO et la communauté internationale relatif à l’envoi de troupes dans notre pays pour appuyer notre armée nationale. «Dans cet esprit, nous devons trouver la force et la sagesse de régler la question des bérets rouges et des bérets verts… et effacer à jamais ce malheureux épisode de notre mémoire».

Pour M Touré, ceux qui ont agité l’idée chimérique de l’indépendance de l’Azawad sont une infinie minorité au sein de la communauté touarègue qui reste majoritairement attachée à son pays, le Mali. Comme on le voit, le président de l’Assemblée nationale est plus engagé sur l’option militaire pour venir à bout de la crise qui secoue le Nord du Mali. Contrairement à ceux qui laisse ouverte la brèche de la discussion, Younoussi Touré compte fermement sur l’appui de la communauté internationale pour bouter dehors les terroristes.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 03 octobre 2012.