Partager

Ousmane Sy, secrétaire politique de l’Adéma-PASJ : «Nous sommes capables de faire des consensus pour avancer»

L’Adéma-PASJ à «condamner» le coup d’Etat perpétré dans la nuit du 21 au 22 mars 2012 par des militaires dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo. Le parti s’est par la suite attelé à la mise en place d’un « Front pour la sauvegarde de la démocratie et de la République ». Sur cette initiative, le secrétaire politique du parti, Ousmane Sy, justifie les motivations de son mouvement.

«Il y a des menaces graves, surtout aujourd’hui, notamment sur la démocratie et l’Etat de droit, sans parler de la paix sociale et la survie même de chacun de nous. Quand des moments de ce genre arrivent, il est important qu’il y ait un sursaut. Il faut que toutes les composantes de notre société se mobilisent pour trouver les voies et moyens pour sortir de cette situation. Une seule portion de la nation, de la population, ne peut pas régler ce problème ! C’est la nation toute entière qui peut le résoudre. Le Front se propose de sauvegarder les acquits.

Il ne s’agit pas seulement les acquits de 20 ans de la démocratie qui sont en cause mais ceux de 50 ans ! Parce que l’intégrité du territoire est en cause. Je pense que les partis politiques, la société civile, les jeunes, les femmes, les militaires, tout le monde peut se retrouver pour dire « Attention, la nation est en danger ! ». Si la nation est en danger, c’est le sursaut qui nous permet de trouver des sujets importants sur lesquels nous sommes capables de faire des consensus pour avancer et sortir de la crise. Une fois qu’on sera sorti de la crise, on examinera nos divergences.

Il est important aujourd’hui de défendre la restauration de l’Etat de droit parce que les libertés publiques sont menacées. Le seul document sur lequel tous les maliens sont formellement d’accord est la constitution de 1992. Nous devons retrouver cette constitution et chercher à régler la crise dans le cadre de cette constitution».


El Hadj Mahmoud Dicko, président du Haut conseil Islamique : «Nous devons privilégier le Mali»

Le président du haut conseil islamique a été la première personnalité invitée le 22 mars par la junte militaire pour « expliquer les motivations profondes du coup d’état militaire » survenu quelques heures plus tôt. Le lundi 27 mars, une forte délégation de l’institution religieuse s’est rendue au siège du Comité National de Redressement de la Démocratie et de la Restauration de l’Etat (CNRDRE). Son président, El Hadj Mahmoud Dicko, s’est confié à la presse à l’issue de cette audience.

«Nous avons voulu nous enquérir de la situation des personnes qui sont détenues et parler de la situation globale du pays. Comment faire en sorte que toutes les forces vives de la nation puissent se parler et faire afin que le Mali sorte de cette situation. Nous avons trouvé une oreille attentive par rapport à ce que nous avons évoqué comme problème. Nous pensons que c’est l’ensemble des maliens qui possède la solution au problème que nous vivons en ce moment. Il faut que chacun de nous ait la volonté de privilégier le Mali.

Nous avons rencontré aussi beaucoup de forces politiques pour voir comment on peut renouer le dialogue. Ensuite, voir également comment on peut prendre langue avec les gens du nord notamment Ançar dine et autres, pour calmer le front et retrouver les enfants qui se sont égarés».

Propos recueillis par
Seydou Coulibaly le 25 mars

publié le 27 mars