Partager

Selon l’Association malienne des expulsées (AME), ce sont 479 Maliens qui ont été expulsées de la France, entre janvier et Novembre 2007. Soit une moyenne de 1,45 expulsion par jour. Dépouillés de tous leurs bien avant d’être embarqués à bord des aéronefs qui ramènent dans leur pays d’origine dans des conditions indescriptibles.

La plupart de nos compatriotes, après des décennies de labeur au pays de Nicolas Sarkozy rentrent bredouilles au bercail. Pour permettre enfin la parole à ces expulsés de raconter les traitements qu’ils ont subis durant leur expulsion, l’AME organisera ce week-end, au Centre Djoliba, des journées ouvertes avec les travailleurs migrants expulsés et les refoulés.

En prélude à ces journées ouvertes qui se tiendront du samedi 15 au dimanche 16 mars au Centre Djoliba, le président de l’AME Ousmane Diarra, a animé, mercredi 12 mars, une conférence de presse dans la salle de conférence de l’Agence municipale de développement des quartiers, sise à Korofina, en Commune I du district de Bamako. Il avait pour la circonstance à ses côtés des responsables d’ONG françaises de défense de droits des sans-papiers.

Selon Ousmane Diarra, cette rencontre permettra de créer un espace de débat avec les travailleurs migrants expulsés, les refoulés, les candidats au départ, mais aussi avec les autorités.

« Aujourd’hui, nous les Maliens, nous avons le sentiment que certains pays de l’Union européenne et africaine nous considèrent comme des déchets. Ils nous expulsent en violation des droits humains les plus élémentaires. Nous pensons qu’il est temps d’arrêter de telles pratiques. Nous mettrons ces deux jours à profit pour donner la parole aux expulsés, aux refoulés pour qu’ils racontent toutes les exactions qu’ils ont subies durant leurs expulsions« , a souligné Ousmane Diarra, président de l’Association malienne des personnes expulsées.

Ainsi, durant les deux jours de cette rencontre, les thèmes des conférences-débats porteront sur « émigration et développement », « lutte actuelle des migrants« , « les nouvelles lois sur l’immigration dans les pays de l’Union européenne et leurs conséquences ».

Justement, sur ce dernier point, Jean Claude Amara de l’ONG française « Droit devant« , n’a pas été tendre avec le gouvernement français sur sa nouvelle politique d’immigration choisie. » Cette thèse peut être soutenue partout avec la circulaire du 20 décembre 2007 qui réserve en République française l’exercice de plus de 150 métiers aux ressortissants des pays de l’Est, au détriment des Africains« , a soutenu Jean Claude Amara. Avant de souhaiter rencontrer les autorités maliennes pour dénoncer cette nouvelle politique de Brice Hortefeux et de Nicolas Sarkozy.

« Avant notre départ, nous aimerions rencontrer les autorités maliennes, pour leur dire de ne pas céder aux injonctions du gouvernement français. Nous comptons également rencontrer l’ambassadeur de France au Mali. Pour lui dire également de s’impliquer pour la régularisation de tous les sans-papiers qui se trouvent sur le territoire français« , a souhaité Jean Claude Amara de l’ONG « Droit devant« .

Kassoum THERA

14 Mars 2008.