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Il fait parti d’une génération où les codes sont modelés à leur façon. L’on sait que toutes les générations apportent ses ruptures-C’est tout au moins un secret de polichinelle- Et celle-ci a su apporter les siennes dans une fougue déconcertante face aux regards badauds de ses aînés. Née à l’ère du numérique et des réseaux sociaux, elle manifeste l’envie de se réinventer et d’apporter la connectivité, le partage et le fun partout où elle passe. Ousmane A. Traoré fait parti de cette génération, que l’on appelle désormais la génération « y ». Les TICs, c’est leur dada et ils savent s’en servir pour les bonnes causes.

Ousmane est blogueur, photographe, Marketeur Web, Développeur Web…etc. Avec ses multiples facettes, il a su mettre en place un think tank ( cercle de réflexion), “Bolongal”. Celui-ci a pour but de permettre à ses visiteurs de réfléchir ensemble pour émettre des propositions fortes de leur convictions pour changer un Mali, à bien des égard, allant droit vers le mur. Interview.

Vous faites partis de la génération Y du Mali. Entrepreneur, fan des TICs… et vous vous en servez pour la bonne cause. Comment vivez-vous cette position ?

Je pense avant tout que c’est une responsabilité. Aujourd’hui nous avons la responsabilité de montrer qu’internet participe au développement. C’est une chance pour nous de nous ouvrir au monde, de montrer qui nous sommes mais aussi d’apprendre des autres.

On parle beaucoup de vulgariser l’internet au Mali, mais quid de l’utilisation qu’en font les jeunes ? Je pense que c’est à nous blogueurs ou autres acteurs du web de montrer l’exemple avec une utilisation responsable et bénéfique de ce précieux outil.

Nous sommes dans un pays où il y a beaucoup à faire et les TIC peuvent nous permettre de construire le monde que nous voulons. Nous pouvons aspirer donc à l’amélioration de la gouvernance, de l’éducation, de la santé de tous les maliens… Nous nous devons d’être à la hauteur de cette révolution du numérique pour construire notre pays.

Vous avez aujourd’hui un blog, Bolongal. Parlez-nous-en ?

bolongal-ousmane.jpgBolongal est un blog participatif un genre de “think tank”. Nous avons l’ambition de montrer les belles facettes de notre pays. C’est une évidence, nous avons un pays merveilleux et nous sommes capables de le changer.

Avec Bolongal nous voulons amener la population malienne à réfléchir sur les défis du pays mais aussi à proposer des solutions constructives plutôt que d’être de simple consommateur. Nous voulons donner la parole à toutes les couches sociales afin qu’elles s’expriment sur le Mali et les réalités souvent macabres du quotidien. Nous ambitionnons de montrer qu’un nouveau Mali est possible. On espère susciter le changement en montrant l’exemple des jeunes qui entreprennent et font des choses fabuleuses.

Quelles sont vos visions dans les 5 ans à venir pour ce blog ?

Nous ambitionnons d’être un média qui stimulerait un changement positif auprès des Maliens. Un média démocratique. Le vestibule dans lequel l’on réfléchit ensemble au Mali que nous voulons et pour travailler ensemble pour son efficience.

Pour vous c’est quoi la définition d’un jeune de la génération Y, comme vous aujourd’hui ?

Pour moi c’est un jeune qui a accès à internet et qui fait des choses pour améliorer sa vie et celle de son entourage de son pays.

Comment profiter des TIC aujourd’hui à votre avis ?

Il faut savoir ce que nous voulons et où nous voulons aller. Les TIC ne sont que des outils, il faut une bonne philosophie et une vision derrière pour que ça nous soit utile. Internet peut nous servir comme nous desservir.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez personnellement ?

Le cout de l’internet peut être handicapant et même la couverture ne permet pas d’atteindre une large population. Nous avons des rêves et visions nous saurons nous surpasser.

Quelle est votre vision de l’entrepreneuriat au Mali ?

J’ai beaucoup de respect pour la témérité de ces jeunes qui lancent leur business très souvent avec peu de moyens, sans grand accompagnement et dans un climat des affaires pas très favorable. Il n’y a que l’entreprenariat qui peut propulser un pays. Alors on espère que les politiques prendront des mesures efficaces pour favoriser et promouvoir l’entreprenariat.

Mais, je pense que les jeunes n’attendent plus, avec ou sans l’Etat ils arriveront à changer ce pays.

Votre mot de la fin ?

Internet est un outil magnifique mais ça ne reste qu’un outil. Il faut la vision, la philosophie, pour une utilisation intelligente et bénéfique afin qu’il réponde à nos défis sur l’emploi l’éducation, la santé etc… J’aimerais voir les jeunes utiliser internet pour créer un nouveau Mali. Internet est la clé pour amorcer notre émergence, c’est un outil qui rend tout possible, une chance pour nos pays en voie développement avec sans grands moyens de faire de grandes réalisations.

Interview réalisée par AIssata Keita

Bamako, le 02 Novembre 2018

©AFRIBONE