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Au cours d’une conférence de presse que le Bureau politique de Sadi a animée, le jeudi, autour de la crise malienne, l’honorable Mariko, Secrétaire général du parti, en a profité pour régler son compte à l’opposition. A l’en croire, en posant à chaque parti politique la question de savoir avec qui négocier et contre qui faire la guerre, on se rend compte que ceux de l’opposition sont du côté du Mouvement national de libération de l’Azawad.

jpg_une-2865.jpgAu cours de cette sortie médiatique, il était question pour le Dr Oumar Mariko et les siens de faire des propositions de sortie de crise. D’ailleurs, Sadi n’en était pas à sa première proposition car, rappellent les conférenciers, depuis février 2012, le parti, dans le cadre du recouvrement de l’intégrité du territoire national, avait proposé certaines mesures qu’il jugeait indispensables.

Ce jeudi 05 juin 2014, au Centre international de conférence de Bamako, Sadi a suggéré, pour que le Mali se sorte de la crise actuelle, que les charges de l’Etat soient revues à la baisse, en réduisant de 50% la caisse noire de la Présidence de la République et celle de la Primature; réduire la taille du gouvernement à 17 membres au lieu de 31 ; diminuer de 30% les budgets de l’Assemblée nationale, du Haut conseil des collectivités, du Conseil économique social et culturel et du Médiateur de la République. Mieux, le parti propose l’instauration d’un service militaire obligatoire de 18 mois pour tous les jeunes âgés de 18 ans ; de faire un recrutement local, régional et dans le District d’au moins 1000 jeunes afin de mettre en place une armée professionnelle et de rappeler sous le drapeau national les militaires ayant fait valoir leur droit à la retraite cette année, entre autres.

Convaincus que la communauté internationale a comme dessein la déstabilisation du Mali, Oumar Mariko et ses camarades invitent les autorités maliennes à engager une double action politique et diplomatique pour éviter une occupation prolongée de notre pays et sa mise sous tutelle par la France et les Nations Unies. «Le Minusma doit quitter le Mali. Il y va de notre souveraineté et de notre quiétude…. », estime-t-il.

Sur le plan de la réconciliation nationale, si Sadi ne s’oppose pas au principe du dialogue, il souhaite tout de même que le Gouvernement sache identifier ses interlocuteurs. «Il faut déterminer avec qui dialoguer et contre qui faire la guerre car, dans notre pays, on fait un fourre-tout de civils et de groupes armés. Or, le dialogue doit concerner uniquement les groupes armés de bonne foi, ceux qui se réclament Maliens», a souligné l’honorable Mariko. Dans le même ordre d’idée, le Secrétaire général de Sadi s’est dit convaincu que les partis de l’opposition soutiennent le Mnla : «Ils savent que le Mnla est avec la France, et eux, ils comptent sur la communauté internationale pour prendre le pouvoir au Mali », pense l’élu de Kolondièba. Et d’ajouter : «Si vous posez à chaque parti la question de savoir avec qui dialoguer et contre qui faire la guerre, vous vous rendrez compte que les partis de l’opposition sont avec le Mnla». De son avis, les seuls groupes armés éligibles au dialogue sont le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (Hcua) et le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA). Les massacres d’Aguel Hoc de janvier 2012 et la tragédie de Kidal du 17 mai 2014, mais surtout sa collusion avec Al-Qaeda et le Mujao autorisent, dit-il, à inscrire le Mnla sur la liste des organisations terroristes.

Par ailleurs, l’orateur a estimé que le principe de la décentralisation poussée dont le Gouvernement parle, parfois à l’emporte-pièce, n’est pas indiqué pour la résolution de la crise malienne. «Les populations réagissent mal à notre façon de décentraliser car les plus de 700 communes ont été mal installées. Si on doit encore pousser cela, ce sera l’éclatement», prévient-il, souhaitant que le débat soit recentré autour de cette question. Il nous faut, dit-il, une décentralisation avec une vision qui respecte les intérêts du peuple.

Au sujet de la position de Sadi par rapport au régime d’Ibrahim Boubacar Keïta, Oumar Mariko a laissé entendre que son parti est bien dans la mouvance présidentielle. Il reconnait toutefois que l’articulation entre les différentes forces politiques de cette mouvance n’est pas une réalité. «Les gens se sont installés dans un esprit sectaire et restent fermés aux idées qui viennent d’ailleurs», fait-il remarquer. Toute chose qui lui fait dire que, bien qu’il s’y réclame, Sadi n’a pas forcément à accepter les choses telle qu’elles se passent dans le camp présidentiel. «Il faut reconnaitre que l’opposition n’était pas facile. Donc, plus inconfortable dans l’opposition et en quête de satisfaction dans la majorité », voilà en quoi le Dr Mariko résume la position de son parti vis-à-vis du pouvoir.

Sur un tout autre plan, il s’est réjoui du fait que les enquêtes seraient ouvertes sur les affrontements meurtriers, survenus le 30 avril 2012, entre les bérets rouges et verts.

Bakary SOGODOGO

Le Prétoire du 9 Juin 2014