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Le très bouillant président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi), Dr. Oumar Mariko, était face à la presse hier mercredi 22 juin dernier, dans les locaux de son parti. Il en a profité pour aborder plusieurs sujets d’actualité notamment son soutien donné comme très ambigüe au président IBK.

L’objectif de cette conférence de presse, selon lui, est d’informer l’opinion nationale et internationale de la levée de la restriction de voyage dans l’espace Schengen, dont il faisait l’objet.

Oumar Mariko affirme que cette mesure qui le frappait était certes une initiative de la France, mais elle a été soutenue par le Mali. Il estime qu’il a été l’objet de calomnie et de diffamation de la part de certains adversaires qui l’ont voué aux gémonies auprès de certains consulats et représentations diplomatiques étrangères accréditées au Mali. Le Docteur soutient que pendant cette période, il a bénéficié du soutien de plusieurs personnalités dans le monde, notamment en France et en Allemagne.

Parlant de l’aboutissement heureux des démarches, Mariko dira que c’est le fruit de la lutte non seulement du Mali, mais aussi de l’étranger. Il salue tous ceux qui ont été frappés par les effets de cette mesure.

Oumar Mariko a indiqué qu’il pensait que le Sadi est un parti souverain dont le président peut dire ce qu’il pensait et donner son opinion. Mais à sa grande surprise, cela lui vaut d’être interdit de séjour en France. Il se réjouit de la levée de la sanction le 3 juin dernier avec à la clé un visa pour 1 an. Déjà, il a commencé les voyages en France avec un premier séjour à Paris la semaine dernière.

Le putsch et l’anarchie

L’homme du jour ne s’est pas fait prier pour parler de ses rapports avec la classe politique. Répondant à la question d’un confrère, le conférencier a soutenu que «nous sommes des putschistes, mais pas des anarchistes», comme l’a laissé croire un homme politique récemment. Pour lui, il y a des hommes politiques qui font des déclarations maximalistes dont ils ignorent le sens et qui risquent de les rattraper un jour. Il menace de dévoiler les noms de tous ceux qui partaient à Kati la nuit en 2012 avec des mallettes d’argent. « S’ils n’arrêtent pas on va dénoncer ceux qui venaient à Kati voir Sanogo en catimini, avec des portemonnaies», a-t-il, dit.

Les griefs contre ATT

Le président de Sadi, qui était très actif lors du coup d’Etat perpétré par la junte militaire en 2012 dont il fut l’un des plus grands soutiens, revient sur ces épisodes. Pour lui, dans un pays où la démocratie fonctionne, il ne peut pas y avoir de coup d’Etat. « Le régime d’ATT a fait régresser la démocratie dans ce pays. C’est pourquoi nous l’avons déposé », a déploré Mariko.

Un gros pavé dans le jardin d’Aly Nouhoum Diallo

C’est par une déclaration à la limite scandaleuse que le député de Kolondiéba a chargé l’ancien président de l’Assemblée nationale et membre de l’Adema Pasj, Aly Nouhoum Diallo. Abordant la question de la crise estudiantine de 2012 qui a vu la mort de deux étudiants, Oumar Mariko a affirmé qu’ATT a mis à la disposition de Hamadoun Traoré (leader de l’Aeem de l’époque) des bérets rouges habillés en civil pour sévir sur les différents campus. C’est avec l’aide de ces bidasses que Hamadoun faisait régner la terreur sur la colline de Badalabougou. Mais, l’homme politique ne se limite pas à cette déclaration. Il affirme également que c’est le vieux Aly Nouhoum Diallo qui était le soutien numéro 1 de Hamadoun Traoré. A ce titre, il (Aly) lui rendait visite fréquemment en prison, a soutenu Mariko. Cependant, il dit disposer de toutes les preuves contre l’ensemble des gens qui ont soutenu Hamadoun Traoré et qui ont essayé de saboter le coup d’Etat à l’époque. Ces preuves, il veut les mettre à la disposition de la justice au moment venu.

Le soutien à IBK et à son gouvernement

Visiblement, le député Mariko avait des choses à dire. Concernant son soutien à IBK, l’élu national est on ne peut plus clair: «notre soutien à IBK est sans condition, car il incarnait le changement qu’il a promis aux Maliens. Mais, cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas critiquer quand ça ne va pas». Il estime que sa position est parfois ambigüe pour l’opinion publique parce qu’il a des attentes qui ne se trouvent ni du coté de la majorité ni de l’opposition. Parlant de son éventuelle participation ou non à un gouvernement IBK, Mariko affirme : « nous avons écrit au RPM en 2014 pour demander la définition des taches et le partage des responsabilités. Mais jusqu’à ce jour, on n’a pas reçu de réponse de leur part. On aimerait bien avoir des postes de responsabilité, mais on ne va pas courir derrière personne pour ça», a indiqué le Président du Sadi.

Comme il fallait s’y attendre, l’enfant de Kolondiéba conclut son propos en taclant et IBK et l’opposition.

Au premier, il a voulu rappeler ses promesses en affirmant que « le peuple attend d’IBK une rupture avec l’ancien système ». L’opposition, estime-t-il, n’as pas de conviction, car selon lui, «si IBK ouvre son gouvernement à l’opposition, il y en aura qui vont se bousculer aux portillons».

Harber MAIGA
23 Juin 2016