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Le Directoire du MP 22 était face à la presse, le samedi 26 mai, dans la salle de conférences de la Radio Kayira. Objectif: débattre des problèmes brûlants de la nation, à savoir la Convention nationale souveraine de la COPAM, tenue du 21 au 22 mai au Centre international de conférences, l’agression du Président par intérim, le Pr Dioncounda Traoré et les ingérences, selon le Dr Oumar Mariko, de la CEDEAO.

L’agression physique contre la personne de Dioncounda Traoré, Président par intérim, occupe toujours la Une de l’actualité nationale. Après les brèves interpellations de Me Mamadou Gakou, du Pr Younouss Hamèye Dicko et de Soufi Bilal, dans la journée du jeudi 24 mai, le Président de Yèrèwolo Ton, Bakary Boré, a été, pour sa part, interpellé et placé en garde à vue, le vendredi 25 mai, à la Direction de la Gendarmerie pour les besoins de l’enquête.

Ensuite, dans la journée du samedi 26 mai, ce fut au tour de l’Honorable Oumar Mariko, de Me Mariam Diawara, de l’administrateur de la radio Kayira, Lassiné Cissé, et du journaliste Mohamed Kanouté, de Radio Kayira lui aussi, de devoir se présenter à la Direction de la gendarmerie.

C’est à cause de la précipitation de tous ces évènements que le Directoire du MP 22 a tenu à rencontrer les journalistes de la presse nationale et internationale. La conférence de presse s’est ouverte sur la lecture de la Déclaration du MP 22 suite à l’agression physique contre la personne du Président par intérim, le Pr Dioncounda Traoré. Celle-ci souligne que, dans un Etat de droit, un tel acte n’est pas justifiable, quelles qu’en soient les raisons.

Cependant, relève aussi la déclaration, cette colère immense fut suscitée par une série d’actes insupportables et inacceptables, perpétrés à répétition par les chefs d’Etat de la CEDEAO, de la Commission de la CEDEAO, ses chefs militaires et les autorités maliennes. Il s’agit, selon le MP22, de l’ingérence flagrante de la CEDEAO dans des domaines relevant de la souveraineté nationale du Mali, du reniement de ses propres engagements, en foulant au sol l’Accord-cadre, de la volonté délibérée d’exclure les forces politiques, syndicales et la société civile du Mali du processus et, enfin, d’une attitude hautaine et méprisante, visant ostensiblement à humilier le Mali.

Prenant la parole, Dr Oumar Mariko a déclaré qu’un coup d’Etat n’est pas permis, mais qu’une transition, non plus, n’est pas permise. L’Etat malien ne marchait plus et tout le monde s’attendait à un coup d’Etat. Ce qui était clair, selon lui, c’est que le CNRDRE avait dit qu’il n’était pas venu pour rester. C’est plutôt, selon le député, la CEDEAO qui s’est incrustée dans cette affaire. Aujourd’hui, a-t-il regretté, le droit est complètement ignoré, place est faite à une épreuve de force et la communauté internationale a malheureusement choisi de soutenir des gens qui ont pillé notre pays. L’agression de Dioncounda, selon Oumar Mariko «n’a été qu’un prétexte de déstabilisation de la Convention nationale souveraine. Aujourd’hui, ce sont les éléments du MP 22 qui sont mis en cause».

Réagissant aux questions des journalistes, Me Mamadou Gakou dira que la Convention était nécessaire pour respecter la déclaration de la facilitation, qui a recommandé un cadre de concertation pour la mise en œuvre de la transition. Parlant des sanctions prises par la CEDEAO, il a soutenu que l’embargo et la fermeture des frontières ne sont pas prévus par la Charte de celle-ci. Me Gakou s’est alors étonné que la CEDEAO n’ait pas intervenu lorsque l’Etat malien a été agressé, pas la moindre intervention dans le cas d’actes graves, comme ceux perpétrés à Aguel hoc, où les militaires avaient été attachés et égorgés. Mais le 22 Mars, jour du coup d’Etat, elle a accouru pour sauver un membre du syndicat des chefs d’Etat. Pour conclure, Me Gakou dira que la CEDEAO joue un rôle très négatif dans la crise malienne. Emboîtant le pas au brillant avocat, Perignama Sylla, Conseiller municipal, déclarera que l’ennemi principal de l’unité du Mali n’est pas les rebelles, mais plutôt la CEDEAO.

Pierre Fo’o Medjo

22 Septembre du 28 Mai 2012