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Rétention abusive des cartes d’électeurs, confection en grands lots des cartes d’identité par les responsables du Mouvement Citoyen, détention des cartes d’électeurs des personnes décédées depuis au moins trois ans, doublure des cartes d’électeurs, refus des administrations locales de faire siéger les représentants des partis dans les commissions de distribution des cartes d’électeurs, menaces et intimidations des chefs de villages et des populations non favorables à ATT, organisation de la caravane « Mouvement citoyen jusqu’au bout de la fraude et du vol » sont, entre autres, des griefs que le candidat du SADI, Oumar Mariko a formulés sur le déroulement de la campagne et le processus électoral, en vertu desquels, il affirme que «ces élections ne seront ni transparentes, ni sincères encore moins crédibles ».

A mi-parcours des trois semaines de la campagne pour la présidentielle du 29 avril, le candidat du parti SADI, Dr Oumar Mariko a tenu une conférence de presse hier au Centre international de conférences. Il s’agissait pour Mariko, de faire le point du déroulement de la campagne et surtout de dénoncer les insuffisances qu’il a rencontrées au cours de ses sorties sur le terrain pendant sa campagne.

Au vu de ce qui se passe à l’intérieur, Dr Mariko, dira que «la démocratie malienne est prise en otage par l’administration et les milieux financiers, ces élections le sont également ». En effet, Mariko, justifie ses affirmations par des constats effectués au terme de quatre jours de visite qui l’ont conduit à Konobougou, Ségou, Bla, Koutiala, Yorosso, Bougouni, Yanfolila et Ouéléssebougou.

Le candidat du SADI dit avoir constaté une rétention abusive des cartes d’électeurs, une confection en grand nombre des pièces d’identité par les cadres du Mouvement citoyen, la détention par les mêmes personnes des cartes des gens décédés, des doublons de cartes, des cartes d’électeurs de la Commune V qui se retrouvent à Niono, des intimidations sur des chefs de villages et des producteurs de coton et des paysans de l’Office du Niger non favorables à ATT, de la part de l’administration et de certains cadres de la CMDT pro-ATT.

Dans la même lignée Mariko dénonce la caravane «citoyen jusqu’au bout» que le ministre de la jeunesse aurait pu appeler «Mouvement citoyen jusqu’au bout de la fraude et du vol». A ces dérives, le conférencier ajoute les sorties du premier ministre sur le terrain pour « préparer les esprits aux sorties frauduleuses des cartes d’électeurs et mettre le peuple malien devant le fait accompli ».

Car, soutient-il, c’est une obligation pour l’Etat de donner à chaque malien sa carte d’électeur, avant d’exiger que l’administration fasse le point des cartes et des bulletins de vote pour détruire le surplus.
Fort de tout ce qui précède, Mariko a conclu en disant que «ces élections ne seront ni transparentes, ni sincères encore moins crédibles. Néanmoins nous demandons à la jeunesse malienne et au peuple de sortir massivement pour récupérer les cartes afin de contrer les malversations».

En tout cas, le candidat qui promet de faire sortir le pays du système de l’économie néolibérale, est convaincu que «si le peuple prend goût de la chose et se mobilise il y aura des surprises. Ceux qui pensent qu’ils ont gagné se trompent. Le Mali n’est pas le Sénégal. Le takokelen sera un miracle et si l’on force, on aura de la matière, car autant les autres préparent les esprits à la fraude autant, nous on prépare les esprits au rejet de cette fraude ».

Youssouf Camara

19 avril 2007.