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C’est pour informer l’opinion nationale et internationale que l’Honorable Oumar Mariko était face à la presse, le jeudi 3 mai, au siège de Radio Kayira. Il s’agissait d’entretenir les journalistes sur les attaques dont le siège Sadi de Mopti et la radio Kayira de Koutiala ont fait l’objet, en plus de la tentative d’incendie de la radio Kayira de Bamako. Il était entouré de Pérignama Sylla du parti Bara, de l’Administrateur délégué de Radio Kayira, Lassine Cissé, et de deux agents de la radio Kayira de Koutiala, Oumar Barou Keita et Oumar Maïga.

Le ton de la conférence de presse fut donné par Pérignama Sylla qui a d’emblée posé la question de savoir de quel droit le syndicat de chefs d’Etat peut-il nommer un Président du Mali? Il a, ensuite, fustigé les décisions prises par la CEDEAO lors du sommet extraordinaire tenu le jeudi 26 avril à Abidjan. Décisions qu’il a qualifiées de colonialistes et de va-t-en guerre. Ceci, selon lui, dans le seul souci de vouloir imposer des dirigeants choisis par la «Françafrique sarkozienne» au digne peuple malien, à travers ses valets locaux de la CEDEAO.

Oumar Barou Keita et Oumar Maïga, de la Radio Kayira de Koutiala, qui avaient fait spécialement le déplacement pour la conférence de presse, ont expliqué aux journalistes qu’aux environs de 10 heures, dans la matinée du 30 avril, la Radio Kayira de Koutiala avait cessé d’émettre. « Notre radio a été saccagée par une cohorte d’élèves, sous la conduite du Secrétaire général de l’AEEM du lycée Danzié Koné de Koutiala». La colère des deux agents était surtout contre le Commissaire et le Commandant de la Brigade de gendarmerie de Koutiala, puisqu’ils avaient été informés à temps de l’intention des élèves, qui avaient tenu une Assemblée générale.

« Depuis 7 heures du matin, nous avions informé les autorités chargées de la sécurité, pour ne recevoir que six policiers mal équipés, qui ont pris la poudre d’escampette dès l’arrivée des élèves, laissant la radio et son personnel à leur triste sort ». Si des dispositions urgentes ne sont pas prises au niveau de Koutiala, avertit Oumar Barou Keita, il y a lieu de craindre le pire du côté du personnel de la Radio Kayira. Déjà, leurs épouses et leurs enfants sont menacés. «Les femmes ne peuvent plus aller au marché. Les enfants ont déserté les écoles, sous la menace, et les familles sont obligées de fuir leur domicile habituel la nuit tombée». Il a ensuite dénoncé le rôle joué par certains hommes politiques de la localité, dont le Président du Conseil de Cercle.

Pour sa part, Lassine Cissé, administrateur délégué de la Radio Kayira, a déclaré qu’à Bamako tout avait commencé par la tentative de destruction de Radio Kayira, dans la nuit du 20 au 21 avril. Aux environs de 4 heures du matin, selon ses affirmations, des loubards, armés de pistolets et de coupe-coupe, ont investi le siège de la Radio avec l’intention de le brûler. Fort heureusement, ils prirent la salle de conférence pour les studios, et c’est ce qui sauva la radio. «Le 30 avril 2012, le très contesté Secrétaire général de l’AEEM, Hamadoun Traoré, envoya en plein jour une colonne d’élèves, accompagnés de loubards, casser Radio Kayira, au motif que Dr Oumar Mariko lui aurait envoyé des tueurs à gage. N’eut été l’intervention du GMS, la radio serait aujourd’hui brûlée» a-t-il ajouté.

C’est un Oumar Mariko très remonté qui, dans un premier temps, s’insurgera contre l’organisation sous régionale. «La CEDEAO n’a pas le droit de nommer le Président d’un pays souverain. C’est elle qui est responsable de toutes les situations de crise que traverse actuellement notre pays. La CEDEAO veut transformer le problème du nord en guerre civile au sud». Et Mariko d’ajouter: «la découverte d’une importante quantité d’armes de guerre et de munitions, la tentative d’assassinat du Secrétaire général de l’AEEM, Hamadoun Traoré, et la révolte des bérets rouges contre les bérets verts, ont un lien commun et ne visaient qu’un seul et unique but: celui de renverser le CNRDRE».

Les auteurs de ces actes, selon lui veulent semer le chaos afin de mettre l’opinion internationale sur notre dos. L’exemple patent étant le coup d’Etat manqué du 30 avril, perpétré d’après Oumar Mariko par quelques éléments des bérets rouges appuyés par des mercenaires financés par certains apatrides.

Pierre Fo’o Medjo

22 Septembre du 7 Mai 2012