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Qui veut sacrifier le Dr. Oumar Mariko, l’élu de Kolondiéba, sur l’autel des “combinaziones” politiques ? Et au profit de qui ? Des questions dont la partinence le dispute à la légérèté conférée à cette histoire de “vraie fausse tentative de destabilisation des institutions de la République”. Une légerèté repréhensible, à la limite insultante pour la nation digne que nous formons. Jamais le peuple malien ne s’est senti aussi “rabaissé”, pour ne pas dire “réduit en rien” par ceux-là mêmes en qui il a fait confiance !

Oui, le seuil de l’inconsidération envers le peuple malien a été franchi dès lors que tout devient “simple banalité” au sommet de l’État. Le seuil a été franchi dès lors que les citoyens, qui ont des droits de régard sur les faits et gestes de leurs mandants, lesquels ne peuvent du reste se provaloir de rien sans eux, sont confinés au rang de “simples moutons de panurge”, condamnés à subir et à se nourrir de rumeurs sans mot dire. Et que nous reste-t-il à nous citoyens, quand notre honneur et notre dignité d’homme peuvent être détruits par semples manipulations ?
En effet, dans une affaire où notre gouvernement n’a pas encore osé nous parler de son bien fondé, comment se permet-on alors de jeter l’honneur d’un honorable député aux “chiens”, fut-il un certain Oumar Mariko connu pour ses prises de position souvent très à gauche. Non ! Il y a, et il doit avoir de la morale en tout !

Comme le dit le plus souvent notre Dirpub: “Ça, ça ne colle pas ! Ça, ça ne ressemble pas à Mariko !” Et quel intérêt le Dr. Mariko, qui, pour une des rares fois en 20 ans de démocratie, revendique son appartenance à la majorité présidentielle a à tirer d’un coup d’Etat? Surtout dans le contexte de crise qui est le nôtre ? En a t-il les moyens ? Et quels moyens ? Sachons donc raison garder. Cela pour rappeler combien il est essentiel que notre État revienne dans la “norme républicaine”.

Ce chantier exige que nos dirigeants apprennent à nous dire la vérité à chaque fois que de besoin et qu’ils nous informent à temps. Et que cesse la justice avant la lettre! C’est-à-dire que la culpabilité des uns et des autres soit prouvée avant qu’on ne jette en pâture leur honneur et leur dignité. Sinon que faire de la présomption d’innocence sans laquelle nous sommes tous des “victimes en puissance” de l’anarchie.

Assane Sy DOLO

Le Soir de Bamako du 16 Juin 2014