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«Je ne suis pas d’avis que notre armée s’arrête à Anefis. Elle doit continuer son offensive jusqu’à la libération totale et définitive du territoire national. Kidal ne peut pas avoir un statut particulier. Kidal fait partie du Mali…»
Ces propos sont d’Oumar Ibrahim Touré, Président de l’Alliance pour la République (Apr), un parti politique lancé le 24 Mai dernier. Ils ont été tenus le samedi dernier lors d’une causerie-débat organisée à l’occasion de la présentation du siège de l’Apr, sis au quartier Hippodrome, aux hommes de média.

Cette causerie-débat n’est autre qu’une des innovations que ce nouveau parti compte apporter à l’amélioration des mœurs politiques de notre pays.
Un exercice purement citoyen et démocratique qui permet au président de ce tout nouveau parti de donner son avis et la position de son parti sur les grandes questions de l’heure. Le samedi dernier, tous les sujets ont été abordés sans tabou. Parlant de la crise du Nord ainsi que des négociations qui sont en cours à Ouagadougou entre le Mali et le Mnla, l’enfant de Goundam propose ni plus ni moins l’approfondissement de la décentralisation.

A l’en croire, il faut mettre l’accent sur les spécificités de chaque région.
‘’Il n’y a pas de concession possible ni sur une prétendue autonomie de Kidal encore moins sur un statut de Kidal’’, affirme-t-il. Oumar Ibrahim Touré explique en outre aux journalistes que tous les problèmes qu’on a eus concernant le Nord n’ont pas été véritablement réglés.

Selon lui, on a fait qu’accumuler les problèmes quelque part, et il est temps qu’on discute entre nous. Selon lui, le problème du Mali n’est pas un problème de Touareg ou d’une autre ethnie de peau blanche. C’est une question de gouvernance, et il faut la régler de façon globale.

Pour lui, il est difficile de constater que cinquante ans après l’indépendance, Kidal soit encore tourné vers l’extérieur. C’est ce qui explique les velléités d’indépendance et d’autonomie, sans compter les autres aspects du développement.

A en croire Oumar Ibrahim Touré, ce sont là des défis qui attendent d’être relevés par les prochains gouvernements. Parlant des élections du 28 juillet prochain, le président de l’Apr se demande si le Mali est réellement prêt. En effet, il trouve anormal que tous les Maliens ne puissent pas voter le jour du scrutin parce qu’ils n’ont pas été enrôlés dans le Ravec. 400.000 jeunes en âge de voter (avec au moins 18 ans révolus) n’ont pas été enrôlés.

‘’Il faut finir la transition proprement sinon on aurait d’autres problèmes’’ tiendra-t-il à avertir. Ce qui préoccupe en outre le président de l’Apr, c’est le fait que pour ces élections, tout le monde refuse le débat. Et c’est ce qui détermine en partie la position de son parti pour les élections présidentielles du 28 juillet prochain. ‘’Nous ne soutenons personne. Nous avons créé un parti pour conquérir le pouvoir et nous allons nous y investir en fonction de notre agenda et des échéances à venir’’.

L’Alliance pour la République n’entend pas en outre se fondre dans un bloc quelconque. Oumar Ibrahim Touré l’a d’ailleurs clairement souligné. ‘’Nous ne sommes dans aucun bloc’’ a l’en croire, les Maliens doivent accepter aujourd’hui de se remettre en cause. Il faut qu’ils se parlent, peu importe le cadre qu’on va choisir.

Gérard DAKOUO

10 Juin 2013