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Après Sikasso l’année dernière, le lancement de la saison touristique 2006 -2007 aura lieu le samedi 16 décembre 2006 à Kayes. La manifestation, placée sous le signe de la poursuite de la diversification de la carte touristique, sera présidée par le Chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. Elle va regrouper de nombreuses personnalités, des professionnels du tourisme, des tours operators et la presse internationale spécialisée dans le tourisme. Objectif : mettre touristiquement Kayes sur orbite. Dans cet entretien, le Directeur général de l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (OMATHO), Oumar Balla Touré évoque les objectifs recherchés à travers ce lancement, les potentialités touristiques de la première région et les grandes lignes du programme de la prochaine saison touristique.

L’Indép: Monsieur le Directeur général, vous vous préparez au lancement de la saison touristique 2006 -2007. Sous quel signe placez-vous cet événement ?

Oumar Balla Touré :
Je voudrais vous remercier pour l’intérêt que vous accordez à la promotion du tourisme malien. Le lancement de la saison touristique 2006-2007 sera placé sous le signe de l’ouverture en terme de tourisme de la région de Kayes, pour la transformation de la capitale des rails en une région touristique. Voilà l’objectif principal que nous recherchons à travers ce lancement.


L’Indép: Nous savons depuis quelques années, que Kayes fait petit à petit son entrée dans le circuit touristique, est-ce à dire qu’avec ce lancement, elle sera définitivement inscrite sur la carte touristique ?

O. B. T : Tel est notre souhait, tel est notre vœu, parce que nous avons pour mission la diversification de l’offre touristique. Au jour d’aujourd’hui, le Mali ne peut plus se contenter du triangle Tombouctou, Djenné, pays dogon. Tout le Mali est culturel, tout le Mali est touristique, tout le Mali peut être vendu. Effectivement Kayes est quelque peut ouvert au phénomène touristique. Elle reçoit de plus en plus de touristes.

La preuve est que le parc hôtelier de Kayes est passé de 80 chambres à 170 aujourd’hui et nous avons pas mal d’autres projets hôteliers tant dans la ville de Kayes que dans les autres localités de la région. C’est dire que l’activité touristique est en train de prendre une dimension importante pour cette région qui ne manque pas d’atout.

Il faut se rappeler que Kayes, grâce à sa situation géographique, se vend avec le Sénégal avec qui il partage beaucoup de choses. C’est une région de plus en plus accessible par route. Elle le sera de plus avec les efforts du gouvernement à travers la réalisation des routes vers le Sud, Kita-Saraya. Dès l’instant qu’il y a la communicabilité, il va de soi, vous pouvez être sûr que le flux touristique va suivre.

Avec tout ce que la région a comme sites touristiques, historiques, archéologiques, les espoirs sont permis pour faire de cette région une zone d’attrait touristique.

L’Indép: Quels seront les grands axes de ce lancement ?

O. B. T: Au cours de ce lancement, il s’agit de montrer ce que Kayes à d’atypique à l’opinion nationale et internationale. C’est pourquoi, nous avons invité beaucoup de tours opérators, la crème de la presse nationale et internationale, des journalistes attitrés et spécialisés dans le tourisme qui sont là pour voir ce que la région possède, le mettre dans leur catalogue pour inciter les potentiels touristes à découvrir la région.

L’Indép: Le lancement est le coup d’envoi des activités touristiques de l’année 2007, alors peut-on connaître les grands axes de votre programme pour cette nouvelle année ?

O. B. T: Les activités vont concerner tant à l’interne qu’à l’externe. A l’interne nous mettons l’accent sur les volets aménagements et investissements. Nous misons sur la diversification de la carte touristique en faisant en sorte que chaque coin et recoin soit visité par les touristes, nous voulons qu’il y ait davantage de touristes, multiplier par deux le flux touristique. Pour ce faire, il y a des dispositions à prendre.

L’une des premières est la formation des professionnels et partenaires du secteur comme les forces de sécurité pour faciliter l’accueil et la circulation des visiteurs. Nous allons mettre aussi l’accent sur la politique de promotion qui sera plus agressive.

Nous n’allons plus nous contenter du marché européen et nord américain, mais nous avons plutôt à la conquête d’autres marchés comme la Chine, le Japon, les Etats-Unis. Nous l’avons toujours dit l’objectif est de faire du secteur un moteur de la croissance économique.

Nous pensons que le plan de développement du secteur tourisme en cours d’élaboration nous aidera dans cette tâche. Ce plan qui fait une projection de l’activité touristique sur une dizaine d’années permettra de dégager les axes stratégiques. Avec l’unité de coordination du projet sources de croissance ce travail a commencé.

Nous avons aussi l’intention d’ouvrir le pôle de Sélingué aux investissements touristiques. Là, les préétudes ont commencé par rapport à la réalisation d’une station touristique. Nous développons aussi avec les partenaires comme la Banque Mondiale, l’écotourisme dans la zone du Mandé. Mais autant nous faisons la promotion, autant nous commercialisons, nous exerçons aussi la préservation et la protection de notre patrimoine culturel car notre tourisme est surtout culturel et ce socle est très fragile.

Il ne faut pas aussi oublier que le tourisme est une activité transversale qui fait et qu’avec tout ce que cela engendre, et avec la situation de paix et de stabilité que connaît notre pays, le tourisme va aller de l’avant, mais avec l’appui des communicateurs.


L’Indép: Quel bilan peut-on tirer de la saison 2005-2006 qui va ainsi prendre fin avec ce lancement ?

O. B. T : Vous savez il n’est pas aisé de juger son propre bilan. Mais aux yeux du commun des mortels, tout le monde sait que l’activité touristique est en train de prendre de l’ampleur. Le Mali est une destination de plus en plus prisée. Si le Sénégal demeure la première destination touristique de l’Afrique de l’ouest, le Mali le talonne de près. Et notre objectif est de le dépasser dans peu de temps. Nous avons les potentialités et les moyens pour arriver à cette fin.

L’Indép: La précédente cérémonie de lancement de la saison touristique a eu lieu à Sikasso, depuis lors qu’est -ce qui a changé dans cette région en terme touristique ?

O. B. T : Le lancement a permis de mieux connaître et apprécier ce que la région à de potentialités touristiques. Au sortir de ce lancement des tours opérators spécialisés comme Chemin de sable, Point Afrique ont introduit le circuit de Sikasso dans leur catalogue.

La région se vend seule mais elle se vend aussi dans le cadre du circuit inter-Etats avec la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Selon le bilan de la direction régionale de Sikasso, la région est de plus en plus visitée. Nous espérons que d’année en année cela va croître.

Et en conclusion ?

O. B.T : Nous attendons l’accompagnement de tous à et surtout de la presse pour faire connaître Kayes aux Maliens puis aux autres. Parce que nous voulons qu’il y ait aussi ce déclic pour le développement du tourisme national. Que le Malien qui est à Bamako, songe à aller voir ce qui se trouve à Sikasso, que celui de Ségou aille à Kayes …. C’est-à-dire que le Malien à tout moment sache apprécier son propre tourisme.

Youssouf CAMARA

13 décembre 2006.3