Partager

Avec les nombreuses routes inaugurées depuis plus de 10 ans, le tourisme malien a de beaux jours devant lui et serait en passe de ravir la vedette aux pays de la sous-région. Dans l’interview ci-dessous, le directeur général de l’Office malien du tourisme et de l’hôtellerie (Omatho), Oumar Balla Touré démontre, chiffres à l’appui, la part prise par le tourisme et l’hôtellerie dans la réduction de la pauvreté.

Tout en se prononçant sur les grandes rencontres prévues, il en appelle à la clairvoyance de la presse qui devra appuyer le Mali en proposant à l’opinion des informations saines.

Les Echos : Il se dit que le tourisme est un moyen de lutte contre la pauvreté. Comment cela se traduit-il au Mali ?



Oumar Balla Touré :
Compte tenu de sa spécificité, le tourisme est l’activité la mieux placée pour lutter contre la pauvreté.

L’activité touristique a la faculté de se transporter sur les lieux où réside la pauvreté, notamment dans le milieu rural qui est le lieu de prédilection de la pauvreté. Un cas concret : une usine de chaussures est mieux en zone urbaine parce que le marché est là.

Par contre, une petite unité hôtelière marchera en zone rurale. L’industrie touristique emploie le plus grand nombre de jeunes et de femmes qui sont des cibles potentielles de pauvreté. Cette industrie emploie du personnel qualifié et non qualifié.


Les Echos : Comment se porte le tourisme malien ?


O. B. T. :
Le tourisme malien, depuis 2002, a connu une expansion exponentielle tant au niveau de sa contribution aux ressources publiques, donc à l’économie nationale qu’à la création d’emplois.

Pour vous donner une idée, les recettes du tourisme ont évolué en 2001 de 64,648 milliards de F CFA à 110 milliards de F CFA en 2007. Le nombre d’emplois est passé de 8208 à 17 100 en 2007.

Le nombre d’hôtels a été porté de 134 à 439 et les chambres de 2816 à 6012. Le nombre de visiteurs entrés par l’aéroport de Bamako Sénou en 2007 se chiffre à 221 328 personnes contre 94 300 en 2001.

Les Echos : Quelles sont les perspectives touristiques du Mali ?


O. B. T. :
Les perspectives touristiques au Mali sont bonnes à telle enseigne que pour la première fois dans l’histoire de notre pays, la Banque mondiale a consenti de grands efforts pour accompagner le secteur à travers le Projet d’appui à la croissance (Pac). Ce projet porte sur le renforcement des ressources humaines et la croissance accélérée.

Ses domaines d’intervention sont la formation dans les secteurs public et privé, les travaux d’aménagement et de réhabilitation des sites et monuments au pays Dogon, à Mopti et à Djenné ;

la construction du Musée des balafons et la réhabilitation des pans du Tata à Sikasso, la réhabilitation des 7 vestibules de Biton Mamari Coulibaly à Ségou, la construction d’une dizaine de campements communautaires au bénéfice des communautés locales le long des circuits touristiques au carrefour de Djenné, à Médine (Kayes) à Bambara Maoudé sur l’axe Douentza Bambara Maoudé, à Gossi, à Ansongo, à Ménaka et Anderaboucane.

Le projet prend en compte la confection de supports de promotion touristique (DVD, CD-Rom, les dépliants, cartes de villes et sites touristiques). Le Pac intervient aussi dans l’accompagnement pour la participation aux salons professionnels du tourisme en France, en Allemagne, en Espagne, en Chine, au Canada, aux USA ainsi que l’organisation d’Eductours, de voyages de presse.

Un accompagnement est fait en direction des festivals culturels et touristiques (Essakane à Tombouctou, Essouk à Kidal, Tamadesh à Abderaboucane, festival sur le Niger à Ségou et Sons et lumières à Kayes).

Les Echos : Qu’est-ce vous envisagez au juste pour le tourisme malien ?


O. B. T. :
A terme, nous voulons faire du Mali la première destination touristique de l’Afrique occidentale. Cela est d’autant plus possible que le problème d’accessibilité de sites et villes touristiques est quasi résolu grâce aux travaux de désenclavement menés sur les routes nationales et secondaires par les plus hautes autorités du pays depuis dix ans.

Les activités de promotion et l’adhésion d’un secteur privé dynamique sont d’un appoint considérable.

Les Echos : Quel est votre agenda en cette année 2008 ?


O. B. T. :
Le ministère de l’Artisanat et du Tourisme a deux événements majeurs cette année.

Le Salon international du tourisme de Bamako (Sitour) est prévu du 17 au 19 octobre 2008 au Centre international de conférences de Bamako. Notre pays abritera le 1er Forum international sur le tourisme solidaire (Fits) en Afrique du 20 au 22 octobre 2008.

Entre ces deux événements est prévue l’organisation d’un Educatour qui va englober les tours opérators français, allemand, canadiens et la presse spécialisée du tourisme de ces différents pays. Je lance une invite à tous les Maliens, singulièrement au monde de la presse nationale à nous accompagner par des informations saines.


Propos recueillis par

Abdrahamane Dicko

20 Juin 2008