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L’après-midi : des états d’âme sur la crédibilité de l’élection ; le soir : une visite hors norme chez le « grand frère » pour saluer la victoire de celui-ci. Ibrahim Boubakar Kéita remporte l’élection et Soumaila Cissé sauve la démocratie. Le Mali est décidément insondable. Le 22 mars 2012, le pays se réveille dans un État effondré où l’on tirait de partout.

Le 10 janvier 2013, tout semblait foutre le camp. Et le 11 janvier, les 333 saints de Tombouctou dépêchent l’armée de notre ex colonisateur à notre secours. Et hier, les familles de deux finalistes, comme si de rien n’était partagent le même salon et se congratulent. Baraka ? En tout cas, le Mali n’est pareil à nul autre pays pareil.

Et c’est bien ainsi car les échanges de bons mots entre le finaliste heureux et le finaliste malheureux du second tour de la présidentielle malienne augurent d’un contexte apaisé qui ne sera pas forcément unanimiste. La convivialité toute malienne qu’il nous a été donné de redécouvrir hier à Sebénikoro, résidence d’Ibk est simplement la preuve que le capital social de ce pays reste encore fort. Une résilience à coûte que coûte protéger parce que c’est ce filet qui nous a toujours sauvés quand tout paraissait perdu. Bravo au président élu, bravo au candidat malheureux.

Leur geste donne à la proclamation provisoire et définitive des résultats un caractère désormais symbolique et nous donne l’occasion de faire de l’imminente investiture une vraie fête de la démocratie retrouvée. Personne ne s’en plaindra. Mais et Cissé et Ibk savent les défis. Ils restent ceux d’un pays à réunifier alors que le scrutin du dimanche a laissé entendre des propos ethnistes et régionalistes qui ne sont pas dignes d’une grande nation. Ces défis, restent, également ceux d’un pays qui gagnerait à bâtir une armée républicaine et une laïcité inattaquable. Ils restent, enfin, ceux d’une nation unie mais diverse et décentralisée autour de ressources scrupuleusement gérées.

Tous les candidats à cette présidentielle avaient ces défis à la bouche. Mais les grandeurs et les servitudes de la charge laissent au seul Ibk la responsabilité de réparer le Mali et de lui faire faire les bonds attendus. C’est peut-être le message muet que donnait hier Ami Jeanne, la ravissante petite fille présidentielle qui est allée des épaules d’Ibk à celles de son challenger et vice-versa.

Adam Thiam

13 Août 2013.

Source: arawanexpress.com