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bur.jpgAlain avait écouté avec embarras son épouse Lize lui dire avec colère qu’elle ne voulait plus vivre dans la concession paternelle où sa famille ne cessait pas de s’occuper de ses affaires, où elle n’avait plus d’intimité et où l’on la prenait pour la bonne à tout faire ; d’ailleurs, elle ne pouvait plus supporter la présence de ses beaux-parents. Ce n’était pas plus compliqué que ça. Elle lui demandait, elle lui intimait de trouver une maison ailleurs dans le secteur le plus éloigné de là, pour y emménager.

Alain n’a pas résisté à cette injonction. Du reste, pouvait-il arbitrer continuellement les incessantes querelles entre sa femme et sa mère ou ses sœurs. Il trouva donc une maison à l’autre bout de la ville, loin du domicile paternel, loin de sa mère que Lize ne se gênait nullement de traiter de sorcière.

On pourrait logiquement penser que cette nouvelle situation changerait le caractère nerveux et querelleur de Lize ; mais non ! Elle trouvait maintenant qu’Alain ne rentrait pas tôt de son service ou qu’il sortait trop. Et s’il sortait trop, c’est qu’il allait voir ses parents où ils médisaient d’elle, à moins qu’il ne se soit trouvé une maîtresse ; toutes choses sujettes à d’interminables bagarres.

Alain avait tout d’abord pensé qu’en répondant aux injures de son épouse par des coups, il pourrait bien l’assagir ; mais erreur ! Alors, il ne s’occupa plus d’elle, ne l’écoutait plus quand elle l’insultait et même quand elle lui parlait calmement, sortait à sa guise et rentrait à l’heure qu’il désirait bref, il vivait avec elle sans être avec elle. L’erreur qu’il ne fallait pas commettre.

Un après-midi de samedi, alors qu’Alain se lavait dans les toilettes extérieures situées à l’autre bout de la concession, Lize vint prendre son pantalon, son slip et sa serviette qu’il avait posés sur l’un des murs des douches, le laissant tout nu, donc dans l’impossibilité de la suivre et de récupérer ses vêtements ; des vêtements qui allèrent rejoindre tous les autres habits et couvertures d’Alain que madame avait rassemblés en tas devant la porte de la maison.

Elle arrosa le tout d’essence et y mit le feu avant de s’en aller, emportant sa seule valise. Les cris de l’époux nu comme un ver dans les toilettes n’y feront rien, sinon qu’attirer l’attention des voisins qui lui portèrent secours avec pantalon et chemise. Quant à Lize, Alain ne la reverra plus jamais, puisque près d’une semaine après cet incident, un collègue qui ne le voyait pas se présenter au service deux jours de suite, passa chez lui pour s’enquérir de ses nouvelles.

Ce collègue le trouva couché sur son lit dans une flaque de sang coagulé. On lui avait brisé la tête. La porte de la maison n’avait pas été forcée et le ou les assassins s’en étaient allés avec la moto de l’infortuné.
Crime crapuleux ou vengeance d’une épouse déçue ? Pour le savoir, encore faudrait-il retrouver Lize.

FDA

29 Mai 2007