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En attendant la proclamation des résultats de l’examen pour l’obtention du Diplôme d’Etudes Fondamentales (DEF), session de Juin 2008, qui s’est déroulé du 11 au 12 Juin, les candidats et leurs parents ne dorment plus que d’un oeil, tant ils éprouvent de la peur au ventre. et pour cause : actuellement au Mali, passer au DEF est une dure épreuve, mais être orienté en est également une autre plus dure.

Depuis quelques années, l’Etat ne parvient plus à orienter et prendre en charge tous les élèves titulaires du DEF, faute d’infrastructures d’accueil et de ressources financières limitées. Face à cette situation, bon nombre de Maliens s’interrogent : comment le Mali pourra-t-il espérer atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)?.

Dans tous les cas, du point de vue des autorités, si la loi garantit, à chaque citoyen, le droit à l’éducation, elle ne fait pas obligation à l’Etat d’assurer à tous un enseignement public, au delà du cycle fondamental.

Néanmoins, l’Etat s’efforce de le faire, suivant les critères fixés par l’Arrêté N°03-1613/MEN-SG du 26 Juillet 2003, et qui, en son article 2, stipule : “dans la limite des places disponibles… être âgé de 17 ans au plus ou exceptionnellement de 18 ans, pour les filles n’ayant pas doublé la classe de 9ème Année ”.

La non orientation des admis au DEF : une réalité

En 2006, sur un total de 64 127 élèves susceptibles d’être orientés, 11 150, au lieu de 12 000 titulaires, ne l’ont pas été. Ils représentent 17,38%.

En 2007, sur un total de 77 649 élèves susceptibles d’être orientés, 14 173 titulaires, précisément, ne l’ont pas été. Ils représentent 18,28%.

Ces statistiques ne font qu’augmenter le souci des candidats et de leurs parents, surtout quand on sait qu’ils sont plus de 134 000 candidats au DEF de cette année. Combien seront-ils encore à ne pas être orientés ? En effet, en moyenne, ce sont plus de 16 000 nouveaux titulaires du DEF qui doivent, en plus, être orientés chaque année.

Or, l’Etat ne dispose que de 43 établissements d’enseignement secondaire général sur 210, et de 14 établissements d’enseignement technique et professionnel sur 120. C’est dire que les structures publiques de formation représentent respectivement 20,47 et 11,66% de l’ensemble des structures qui, pour l’essentiel, sont concentrées à Bamako.

Encore une fois, la question de construction de nouvelles salles de classe se pose avec acuité. Et avec l’ouverture, chaque année, de nouvelles infrastructures, l’Etat, comme on peut le constater, ne ménage aucun effort pour trouver une solution à ce problème.

Aussi, pour ne pas minimiser les effets de la non orientation des admis au DEF, le département en charge de l’Education a adopté un certain nombre de mesures.

Déjà, dans les grandes orientations de la politique éducative, l’option fondamentale, en matière d’enseignement secondaire général, technique et professionnel, consiste à orienter, dès cette année, 65% des élèves admis au DEF dans les établissements d’enseignement secondaire.

Dans sa composante “Formation professionnelle ”, le PISE II consacre également un volet à l’apprentissage, dans lequel 22 899 jeunes déscolarisés sont concernés. Il s’agit d’élèves titulaires du DEF, mais non orientés.


Moussa TOURE

17 Juin 2008