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L’ex-homme fort du Syndicat national des travailleurs de l’administration d’Etat (Syntade), Siaka Diakité, serait-il atteint du «virus» du pouvoir ? C’est la question qui taraude actuellement les esprits dans les milieux syndicaux de notre pays. De toutes les façons, en raison de son entêtement à défier la justice malienne, il devra payer une astreinte de 20 millions de nos francs.

En effet depuis le dernier Congrès du Syntade jugé légitime par la justice malienne, un nouveau bureau a été mis en place et est dirigé par le nouveau Secrétaire général, Yacouba Katilé. Depuis lors, ce nouveau bureau se bat corps et âme pour réussir la mission qui lui est dévolue : œuvrer à l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de l’administration de l’Etat. Une mission difficile, mais noble.

A peine fonctionnel, ce nouveau bureau du Syntade est confronté à l’attitude incompréhensible de l’ex-Secrétaire général, Siaka Diakité, qui frise la provocation : l’organisation frauduleuse d’un Congrès du Syntade. Frauduleuse, par que M. Diakité a été, depuis le dernier Congrès de cette organisation syndicale, débouté par le tribunal et interdit par la justice malienne d’utiliser le nom (Syntade), et sommé de libérer le bureau du Syntade. Mais, il continue à faire, comme on le dit, la tête dure.

Pour preuve, Siaka Diakité a convoqué le 7 novembre dernier ses militants et sympathisants (fictifs ?) à un bizarre Congrès du Syntade à la Maison des Aînés de Bamako. Mal, lui en a pris, puisque le nouveau bureau (légitime) avait déjà mis des garde-fous. A titre de rappel, dans une lettre en date du 25 octobre 2013 dont nous avons copie, Yacouba Katilé tirait la sonnette d’alarme en ces termes : «Des informations tendancieuses circulent depuis quelques jours, à travers certains journaux de la place, sur l’organisation d’un hypothétique Congrès du Syntade par le sieur Siaka Diakité, ancien Secrétaire général du Syntade. Nous tenons à vous informer (militantes et militants) qu’une telle initiative malencontreuse ne relève pas des structures légalement élues de notre Syndicat, le Syntade, dont le Camarade Yacouba Katilé est le Secrétaire général. Nous vous rappelons que toutes ces actions sont l’œuvre du sieur Siaka Diakité, candidat malheureux de notre dernier Congrès ordinaire et mécontent de toutes les décisions judiciaires en cours d’exécution contre lui…

La tenue d’un éventuel Congrès est erronée et relève de manœuvres dilatoires du sieur Siaka Diakité, mauvais perdant, à l’égard de la loi malienne, de nos statuts et règlement intérieur… Toutes les mesures légales seront entreprises à temps utile pour mettre fin à de telles manœuvres dont le seul objectif visé est de troubler la paix et la quiétude des paisibles travailleurs qui souffrent déjà suffisamment».

Et effectivement, nous apprend-on, ces mesures légales ont été et sont en train d’être prises. Puisque le 7 novembre dernier à la Maison des Aînés de Bamako où devait se tenir «son fameux Congrès», en lieu et place de ses «camarades militants et sympathisants», Siaka Diakité a été surpris de trouver une horde de policiers, gendarmes, gardes nationales… La sécurité était au top niveau pour empêcher à Siaka Diakité de semer une fois encore la zizanie.
Au regard de cette scène malheureuse, un Bamakois bien averti de la scène syndicale de notre pays, fulminait : «Ah, non ! Si j’étais Siaka Diakité, j’allais tout laisser tomber et soutenir mes camarades du bureau légal. Dans ce pays, on ne veut jamais passer la main ; on veut toujours être grand Chef à vie et cela crée des problèmes. A quand la fin de ces comportements qui n’honorent pas notre pays ? Vraiment, trop c’est trop !».

Le hic dans cette histoire, selon nos informations, c’est que Siaka Diakité aurait établi des listes de délégués fantômes venant de l’intérieur du pays et des millions de nos francs auraient été dépensés pour soudoyer les participants, histoire de donner une certaine légalité à son «Congrès». Mais, peine perdue.

Avec cette nouvelle humiliation nationale, Siaka Diakité va-t-il lâcher prise ? Rien n’est moins sûr, au regard de son entêtement qui, d’ailleurs, risque de le conduire au «Lycée technique de Bamako-Coura». Surtout qu’aux dernières nouvelles, il est astreint à payer 20 millions de FCfa. Une astreinte qui risque de s’alourdir s’il ne met pas fin à la zizanie qu’il sème au sein du Syntade.

Bruno LAMA

Le Flambeau du 20 Novembre 2013