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Cette rencontre a réuni autour d’une même table le ministre de l’Artisanat et du Tourisme N’Diaye Bah, le Président de la Commission d’organisation du sommet Afrique-France Tiébilé Dramé et le président de la Fédération nationale des Hôteliers et restaurateurs du Mali Adama Kolly Coulibaly.

L’objectif était d’examiner les caractéristiques de l’hébergement et ses contraintes, ce d’autant que quelque 400 à 600 personnes sont attendues dans notre capitale. Mais l’état d’avancement des travaux sur les différents chantiers devant abriter l’évènement n’incite guère à l’optimisme.

Face à la crise financière qui secoue notre pays et l’aide financière française qui devait venir en appoint, l’organisation du sommet a pris un sacré coup. Certains pensent que la visite privée d’ATT en France le week-end dernier rentre dans ce cadre.

Depuis la chute du régime dictatorial du général Moussa Traoré, qui a régné sans partage sur le Mali pendant 23 ans, l’offensive diplomatique menée par les autorités de la IIIe République est à l’origine du rayonnement de notre pays sur la scène internationale.

L’élection de l’ancien président de la République Alpha Oumar Konaré à la présidence du l’Union Africaine et celle de Soumaïla Cissé à la présidence de l’UEMOA en sont une illustration parfaite du dynamisme de la diplomatie malienne.

Si la série continue, ATT étant un homme spectaculaire, il faut reconnaître que la marge de manoeuvre du nouveau ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale, en l’occurrence Moctar Ouane, est réduite.

L’exemple de l’Affaire de la carte diplomatique est là pour le prouver. Dans ce cas d’espèce, Modibo Sidibé secrétaire général de la présidence aurait beaucoup influé sur la décision d’ATT de surseoir à cette affaire alors que notre pays a besoin de se conformer aux normes internationales dans la confection de sa carte diplomatique.

Et aucune réunion ne s’est tenue, dans ce sens, depuis le départ de l’enfant fétiche de l’ADEMA, Alpha Oumar Konaré.

Concernant les autres aspects de la diplomatie malienne surtout concernant la crise ivoirienne, ils ne plaident pas en notre faveur.

En effet, la France et la sous-région ouest-africaine, selon des sources proches de la présidence de la République, comptaient beaucoup sur le Mali et ATT.

Mais l’espoir aurait été déçu, le locataire de Koulouba ayant brillé par ses prises de position ambiguës. L’on comprend alors aisément l’isolement d’ATT par rapport aux grandes questions sous-régionales.

Quant à la France, elle préfère passer par Blaise ou Wade pour résoudre les conflits. Côté ivoirien, Gbagbo aurait rompu avec ATT.

L’article intitulé “le double jeu du président malien” publié à grand renfort de publicité sur les sites Internet en sont une illustration satisfaisante.

Le froid entre Paris et Bamako plane sur le sommet

Plus d’un observateur de la scène diplomatique est unanime sur le fait qu’il y a un recul de la France par rapport au Mali.

L’on se rappelle que lors du sommet Afrique-France organisé par le Burkina Faso, la France a appuyé matériellement et financièrement les efforts des autorités de ce pays.

Pour le cas du Mali, les chantiers sont au ralenti. Après la visite des chantiers, il y a quelques jours par Pinochet, un des ministres ayant requis l’anonymat, a laissé entendre que le situation est plus grave qu’il n’y paraît en raison du retard pris dans l’exécution des travaux.

Et malgré l’assurance donnée par le maître d’ouvrage, des menaces planent sur le sommet. ATT profitera-t-il de sa visite privée en France pour discuter avec Jacques Chirac président français, de l’organisation du sommet Afrique-France ?

Le président malien va-t-il lui demander de l’aide pour parachever les chantiers en suspens ? L’aide de Chirac sera-t-elle conditionnée à certaines promesses qu’ATT doit honorer ? Là, est toute la question.

Issiaka SIDIBE

28 juillet 2005