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Lors de la réunion avec les représentants des partis politiques, le jeudi 1er novembre au Gouvernorat, le ministre Moussa Sinko Coulibaly a rencontré la classe politique. Un cadre d’échange entre l’Administration et les partis politiques pour faire l’état des lieux des préparatifs des prochaines élections. Une opportunité pour le Ministre de se prononcer sur l’inéligibilité des acteurs de la transition.

«Il est écrit dans tous les documents que la transition doit être neutre. On ne peut pas être juge et partie. On ne peut pas être de cette transition et avoir des ambitions politiques. Ça ne se fera pas. Parce qu’en acceptant que des membres de la transition soient dans la course, nous courons le risque de fausser le jeu», a-t-il martelé. Une sortie qui a beaucoup contribué à détendre l’atmosphère lors de cette rencontre dont l’ordre du jour portait sur l’audit du fichier électoral, le calendrier électoral et des questions diverses. Des nombreux sujets passés au crible par les représentants des partis politiques, l’éligibilité des membres du Gouvernement de la transition était au centre des débats.

Une éventuelle candidature du Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, agite aujourd’hui le débat politique malien. Raison de plus pour que les participants à cette rencontre sur le processus électoral demandent avec insistance au ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation de clarifier rapidement cette zone d’ombre. Moussa Sinko Coulibaly est on ne peut plus clair: «On ne peut pas être de cette transition et avoir des ambitions politiques. Ça ne se fera pas.»

Certains participants ont proposé au Gouvernement de débattre ce sujet lors des prochaines concertations nationales. D’autres ont demandé qu’un communiqué soit fait dans ce sens pour dire que ni le président par intérim, ni les membres du Gouvernement ne doivent être candidats.

Par ailleurs, pour ce qui est du calendrier électoral, le Ministre s’est dit convaincu que les élections se tiendront courant 2013. Selon lui, c’est juste une question de volonté de l’ensemble des acteurs. «Il suffit seulement de le vouloir et que nous nous y mettions dès à présent, nous y arriverons» a-t-il indiqué aux partis politiques qui avaient formulé des réserves quant au respect de la date-butoir. L’autre sujet sur lequel les discussions ont achoppé, est sans nul doute la question de la révision des listes électorales.

Sur ce point, la loi prévoit que, chaque année à partir du 1er octobre, l’Administration procède à la révision des listes électorales. Au Département de l’Administration territoriale et de la décentralisation, on estime que compte tenu de la crise du nord, il faut ajourner cette exigence en attendant de résoudre ce problème du nord. «La loi n’a pas prévu une révision partielle, le seul fichier que nous avons, c’est le fichier consensuel et je ne peux pas me passer du fichier que nous avons sous la main, même s’il reste entendu que la majorité veut un fichier numérisé» a déclaré Moussa Sinko Coulibaly.

Certains intervenants comme Younouss Hamèye Dicko, ont suggéré au Ministre de rayer le fichier consensuel (Fec) et de faire recours au Ravec. Par contre, Amadou Soulalé propose que la révision se fasse dans les localités où c’est possible.

En ce qui concerne la gestion du contentieux électoral, le Ministre a annoncé que son Département a sollicité l’expertise de l’Oif pour aider le Mali dans ce sens, comme ce fut le cas en Côte d’Ivoire. Moussa Sinko Coulibaly a aussi évoqué l’exemple de la République démocratique du Congo où des cartes d’électeur sont confectionnées pour une durée de dix ans. Son avantage, a-t-il ajouté, est qu’une seule carte d’électeur peut être valable pour cinq à six élections. Des experts de son Département ont d’ailleurs été en RD Congo pour s’inspirer de ce cas.

Nouhoum DICKO

05 Novembre 2012