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En prélude aux cérémonies commémoratives de la Journée panafricaine des femmes, le secrétariat régional de l’Organisation panafricaine des femmes (OPF) a organisé samedi dernier une conférence-débats au Centre Djoliba. L’objectif était de dresser le « bilan des appuis faits aux femmes au cours des élections présidentielle et législatives de 2007 ».

Plutôt que d’être un bilan exhaustif des dernières élections présidentielle et législatives, la conférence a tourné autour des performances des femmes et des obstacles auxquels elles ont fait face lors des récents scrutins. Ainsi, il est ressorti que généralement, les femmes ont bénéficié d’appuis positifs malgré leur faible représentativité dans les instances de prise de décision, qui contraste avec les efforts déployés par l’Etat et la société civile. Le chemin à parcourir est donc long et le plus difficile reste à venir.

Avec seulement 2 femmes élues en 1991, 18 en 1997, 14 en 2002 et provisoirement 15 en 2007, les ambitions des femmes sont loin d’être satisfaites, pense Mme Diarra Kadiatou Samboura, conseiller technique au ministère de la Promotion de la femme, de l’Enfant et de la Famille. Mais, le point positif de ces consultations électorales est l’éveil de la conscience de la gent féminine, qui participe pleinement aux scrutins.

Le nombre de femmes candidates aux législatives de 2007 (218 contre 102 en 2002) et surtout la présence d’une candidate à la présidentielle attestent de cette prise de conscience. Il s’agit alors de « capitaliser les expériences acquises pour une participation accrue et efficiente des femmes en tant que candidates et électrices aux municipales de 2009 », a recommandé Mme Alwata Ichata Sahi, secrétaire régional de l’OPF.

Lors des dernières élections législatives, les femmes ont éprouvé toutes les peines du monde à s’inscrire sur les listes de candidature à cause de la discrimination au niveau des partis politiques sans oublier les frais de campagne.

Pour surmonter ces difficultés, Mme Kané Nana Sanou, un des conférenciers du jour, a proposé de mener des campagnes de sensibilisation auprès des femmes, de la société civile, des partenaires de l’OPF et surtout de faire en sorte que « les dispositions constitutionnelles soient favorables aux femmes en attendant la parité ».

Quant à Mohamedine Dicko, historien et membre du comité exécutif de l’Adéma, il a rejoint Louis Aragon, qui affirme que « la femme est l’avenir de l’homme ». En d’autres termes, si la femme évolue, c’est toute une société qui évolue. C’est pourquoi, a-t-il insisté, le combat de la femme est un combat commun.

Parmi les interventions de l’assistance, celle de Mme Sidibé Aminata Diallo, unique candidate à la dernière présidentielle, a beaucoup attiré l’attention de l’auditoire. Affirmant avoir été « obligée de quitter le schéma de la victimisation » en briguant la magistrature suprême, Mme Sidibé ne regrette pas son expérience et est prête à la rééditer. Comme ses sœurs, elle fonde ses espoirs sur les femmes élues à l’hémicycle, car, a-t-elle dit, ce sont les femmes qui peuvent mieux plaider leur propre cause.

Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)

30 juillet 2007.