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L’assainissement est-elle une préoccupation des autorités ? Pendant que les citoyens souffrent des eaux de ruissellement et des ordures emportées par les pluies, laissant pendre une épée de Damoclès sur leur santé, l’Etat, contrairement à il y a quelques années, reste muet alors que les municipalités soutiennent n’avoir pas assez de moyens.

A peine l’hivernage installé, le calvaire des citoyens commence. Il ne fait pas du tout bon vivre dans plusieurs, sinon la majorité des quartiers du district de Bamako. Avec souvent des substances toxiques, les tas d’ordures de toutes sortes et les eaux usées se rencontrent partout : sur les goudrons, dans les rues, voire dans certaines familles.

Ce qui met à nu l’échec des politiques hâtives et mal réfléchies de construction des caniveaux et autres collecteurs d’eaux. De même que le suivi-évaluation de ces décisions.

Il est vrai que certaines populations ont toujours opté pour la solution de facilité, en déversant leurs ordures dans les rues et les caniveaux. Mais il est tout aussi évident que ces actes sont surtout les conséquences de l’incurie des autorités compétentes. « Nous GIE n’en pouvons plus en cette saison pluvieuse.

Il faut que les municipalités déploient de grands moyens pour nous assister dans l’évacuation des ordures, sinon nos efforts resteront vains. Parlant des canaux et autres fossés, n’en parlons pas, c’est pire. Des habitants décident tranquillement d’y déverser leurs ordures sous prétexte que la pluie va les évacuer », se plaint M. Diarra, responsable de GIE en Commune V.

Désabusés, les citoyens, même s’ils ne sont pas tous exempts de reproche, servent de bouc émissaire aux responsables, qui sont en panne de répondant face à ce problème collectif. Il incombe normalement aux municipalités d’accompagner les populations dans l’assainissement de leurs localités, qui résistent peu aux effets des pluies diluviennes. Mais, il n’existe aucun système d’évacuation efficace ni de sanctions contre les contrevenants.

Il y a quelques années, l’Etat avait décidé de combler ce vide en aidant financièrement et humainement les municipalités à assainir leurs quartiers. Le génie militaire et plusieurs millions de nos francs avaient été mobilisés pour les six communes de Bamako. Une opération avait été déclenchée, et les populations, sans être totalement débarrassées de leurs résidus, se réjouissaient tout de même que de telles initiatives aient été prises.

Risques sanitaires

Cette intervention étatique semble avoir cédé la place au désordre et au calvaire. L’indifférence des autorités peut être constatée par l’envahissement par les ordures, des années durant, de la devanture du domicile de l’ancien ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire, Marimantia Diarra, à Kalabancoro. Pendant que ces co-résidents se débarrassaient tant bien que mal des déchets, le ministre Diarra, insensible, les toisaient.

Ils sont nombreux les dommages subis par les populations. Pendant que l’Etat et ses partenaires débloquent des milliards de F CFA pour éradiquer certaines maladies, de l’autre côté, il ne fait rien pour contrecarrer les facteurs favorisant l’émergence de ces mêmes maladies.

L’une des principales, sinon la cause du paludisme est les moustiques. C’est pourquoi, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) a procédé à des distributions de moustiquaires imprégnées et à des campagnes de sensibilisation pour s’en procurer. Cependant, force est de reconnaître que ces combats s’avèreront inefficaces tant qu’il n’y aura pas de mécanismes pour assainir les quartiers en les débarrassant des tas d’ordures et des eaux souillées.

Faut-il attendre que des épidémies se déclenchent et fassent des victimes pour songer à des mesures d’assainissement ? Des témoignages font état d’écoulement d’eau impropre vers certains puits.

En tout état de cause, la propreté incombe d’abord aux citoyens et à leurs élus municipaux, mais l’aide et l’engagement précieux des autorités constituent un véritable coup de pouce en vue d’avoir une cité assainie et par conséquent des citoyens bien portants.


Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

26 Juin 2008