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Les inégalités criardes dans le traitement des travailleurs, selon qu’ils soient sénégalais, Français ou Malien, et la suppression des primes d’une certaine catégorie d’employés, notamment nationaux, risquent de dégénérer en batailles rangées entre le second opérateur du mobile et ses travailleurs, d’une part. Et, entre Orange -Mali et l’Etat malien.

Le nouvelle a retenti, au sein des travailleurs, comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu : la suppression des primes, jusque -là, payées à une certaine catégorie de travailleurs. C’était, la semaine dernière, avec la discrétion qui sied à la partie.

Du coup, la colère le dispute à l’indignation. Même dans les rangs des travailleurs épargnés, par cette mesure jugée « injuste » et « discriminatoire ».

Cette forme de ségrégation, qui a cours à Orange -Mali depuis son installation sur notre sol, vient d’être étalée au grand jour. De sources proches de la direction générale, un Français toucherait – à diplôme égal -cinq fois plus qu’un cadre Sénégalais. Et huit fois plus qu’un cadre malien. Un cadre Sénégalais, toujours à diplôme égal, toucherait deux fois plus qu’un cadre Malien.

Toujours, selon cette source, ces primes retirées aux employés, pour la plupart des Maliens, permettront de mettre à flot les caisses des filiales sous -régionales de l’Entreprise, devenues déficitaires.

En effet, de toutes les filiales africaines d’Orange -Mali, celle du Mali s’impose comme la plus rentable.

D’où la décision de France Télécom de supprimer les primes des employés maliens, afin de renflouer les caisses de ses filiales Ouest-africaines.

A l’origine de cette performance, les privilèges princiers, dont Orange-Mali bénéficie auprès de l’Etat malien. Contrairement à son concurrent malien, Malitel. S’y ajoutent des exonérations, de tout acabit, dont les montants cumulés sont estimés à plusieurs dizaines de milliards CFA par an.

Aussi, derrière le lobbying de la Fondation -Orange, se cache une véritable sangsue. Qui, de l’intérieur, continue de sucer le sang de son personnel. Un personnel, à majorité jeune, obligé de se la boucler. Au risque de se retrouver à la porte. Avec un coup de pied au cul.

Tout est mis en œuvre, à Orange -Mali, pour que les travailleurs soient taillables et corvéables à merci. Même le droit de se syndiquer leur est interdit. Au risque de se voir licenciés. Sans indemnités. Les plus à plaindre sont les techniciens maliens, qui continuent, dernière les façades vitrées de leur bureau, de tirer le diable par la queue.

Avec des actionnaires réputés intouchables, Orange -Mali continue de se comporter, dans notre pays, comme un Eléphant dans un magasin de babioles. Les droits des travailleurs y sont bafoués. Ceux de notre pays, aussi.


Nous y reviendrons !

Canard déchainé

02 Juillet 2008