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La cérémonie d’ouverture a regroupé un parterre d’acteurs du secteur, des opérateurs miniers, des responsables d’industries minières, des représentants des départements ministériels et des partenaires techniques et financiers.

Prennent aussi part à l’atelier des responsables des structures administratives publiques et privées venus de tout le pays. Durant trois jours, ils s’emploieront à définir les moyens de promouvoir l’or artisanal.

L’objectif étant de formaliser le circuit de cette ressource qui échappe à tout contrôle fiscal dans notre pays.
Cette évolution est d’autant plus importante que la filière de commercialisation de l’or artisanal représente une manne financière importante dans l’économie nationale.

Cependant elle manque de visibilité car la filière évolue dans l’informel, hors du circuit fiscal de notre pays.
Depuis quelques années, notre pays occupe le 3è rang en matière de production d’or en Afrique. L’orpaillage constitue de nos jours une source de revenus très importante pour une population estimée à plus de 200.000 personnes opérant sur plus de 300 placers.

L’exploitation artisanale représente donc l’une des principales occupations d’une frange importante d’opérateurs économiques nationaux et étrangers qui se sont investis dans la collecte et la commercialisation de l’or à travers la création de comptoirs d’achat et de bureaux de collecteurs d’or.

Quelle est la part de l’or artisanal dans la performance nationale ? Il n’y a pas de chiffres officiels, constatera le ministre de l’Énergie, des Mines et de l’Eau, Ahmed Sow. Le premier responsable du département s’est cependant félicité des performances enregistrées par le secteur : 12 à 25 tonnes par an alors qu’une production annuelle de seulement 4 tonnes est officiellement déclarée.

Selon le ministre Sow, cet écart de chiffre illustre le caractère frauduleux d’une bonne part du commerce dans le secteur.
Cette situation, s’est-il indigné, engendre un manque à gagner important pour l’économie nationale.

Ahmed Sow a également évoqué d’autres formes de fraudes portant surtout sur des mélanges des différentes qualités d’or avec d’autres substances. Autant de méthodes qui contribuent à ternir l’image du pays à l’extérieur et à jeter le discrédit sur l’or du Mali, a-t-il estimé.

Le ministre s’est par ailleurs félicité de l’initiative des actions visant à sortir la filière de l’informel, donc à mieux organiser les activités d’exploitation, de collecte et de commercialisation de l’or extrait des placers.

Cette dynamique, a-t-il poursuivi, va consolider le niveau actuel de la promotion industrielle aurifère, favoriser l’émergence d’opérateurs économiques nationaux et contribuer à la création d’emplois et à la réduction de la pauvreté dans les zones minières.

La création des couloirs d’orpaillage exclusivement réservés aux orpailleurs, le lancement de projets destinés à améliorer le rendement et la productivité de l’activité, l’adoption en 1996 d’un décret portant réglementation de la collecte, de la transformation et de la commercialisation de l’or et des autres substances précieuses ou fossiles,

sont entre autres initiatives qui sous-tendent la volonté des autorités de faire du secteur l’un des maillons du développement économique dans notre pays, a souligné le ministre Sow.

Douze ans après la mise en œuvre de toutes ces mesures, quelle est la situation réelle de la collecte et la commercialisation de l’or produit sur les placers ? Quelles sont les difficultés et problèmes rencontrées ? Quelles solutions préconiser ? Ce sont là autant de préoccupations qui vont alimenter les débats de cette rencontre qui s’achève aujourd’hui.


L. DIARRA

29 Mai 2008