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Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées mercredi dans les rues de la capitale togolaise Lomé à l’appel de l’opposition pour demander le départ du président Faure Gnassingbé et, dans d’autres quartiers, à la demande du parti au pouvoir pour lui témoigner leur soutien. L’opposition a commencé sa marche vers 11H00 (locales et GMT), rassemblant plusieurs milliers de manifestants sur chacun des trois points de rendez-vous dans la capitale. Dans la foule se dressaient des pancartes portant les inscriptions: « Faure Must Go » (Faure doit partir, ndlr) ou encore « Libérez mon pays, 50 ans, ça suffit ». Selon l’équipe de l’AFP sur place, les gendarmes et des militaires, sur des pick-ups équipés de mitrailleuses lourdes, encadraient la marche. Les communications par messagerie mobile ainsi que l’utilisation de la 3G étaient quasiment impossibles. « On n’est pas des jihadistes, on n’est pas des rebelles », se défendait Abdallah, 42 ans, partisan du Parti National Panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam, l’un des leaders les plus radicaux du mouvement. « On veut juste la démocratie, on est fatigués. » Le chef de file du PNP, nouveau parti de l’opposition, a réussi à se construire une forte base populaire, notamment issue du centre et du nord du pays, à majorité musulmane, historiquement attachée au pouvoir en place. L’opposition, qui a connu un succès historique lors de marches des 6 et 7 septembre en rassemblant plus de 100.000 personnes à travers le pays, a prévu deux nouveaux jours de manifestations mercredi et jeudi.George H. »Ça nous fait plaisir d’être là, c’est notre parti, nous sommes venus le soutenir », a déclaré à l’AFP Georgia, militante de 34 ans. « Nous, on est pacifiques. »Un jeune manifestant a toutefois confié avoir reçu 5.000 francs CFA (7,50 euros) pour participer à ce rassemblement. « Vous croyez qu’on est là pour la politique? », a demandé Justin, adolescent de 17 ans, devant l’approbation de ses camarades. , un habitant de Lomé, expliquait à l’AFP qu’il n’irait pas manifester cette semaine, bien qu’il assure « en avoir marre » de « 50 ans de ‘Gnassingbé' ». « J’irai travailler. Il faut bien manger. »AFP