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La demande faite le 25 juillet 2008 par le parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’intégration (Sadi) au Premier ministre d’être reçu désormais séparément du Front pour la démocratie et la République (FDR) démontre qu’il existe une crise de confiance entre ces deux parties.

Entre le Front pour la démocratie et la République (FDR) constitué du RPM d’IBK, du Parena de Tiébilé Dramé, de la CDS de Blaise Sangaré et du COPP de Me Mamadou Gakou et le parti Sadi de l’ancien ministre de la Culture, Cheick Oumar Sissoko, le paradoxe est patent.

Parce qu’ils représentent une composante essentielle de l’opposition démocratique, représentés tous les deux à l’Assemblée nationale, le FDR et le parti Sadi étaient conviés le 25 juillet 2008 à la Primature à l’initiative du chef du gouvernement, Modibo Sidibé.

Au cours de cette rencontre, qui s’est déroulée à huis clos, les parties ont abordé toutes les questions de la nation : vie chère, initiative riz, crise des finances publiques, privatisations des sociétés d’Etat, situation au nord et l’école. Sur ces grandes questions de l’heure, le FDR n’y est pas allé de main morte. Il a dressé un mémorandum assorti de propositions adressées au Premier ministre.

Le parti Sadi a manifesté son adhésion au texte. Mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, ses représentants ont expressément formulé devant le Premier ministre une demande pour le moins inattendue demandant à ce dernier de ne plus le convier autour d’une même table que le FDR, en l’occurrence le Parena.


Soupçons d’insincérité

Certes, il est connu que le parti Sadi n’est pas dans le FDR mais en faisant une telle déclaration, il sème davantage le doute dans les esprits sur la sincérité des relations qu’ils entretiennent au sein d’un même groupe parlementaire à l’Hémicycle avec le Parena.

Véritablement, il y a aujourd’hui une crise de confiance entre le parti Sadi et le FDR. Selon des sources, le parti Sadi redoute les revirements et certaines prises de position du Parena, qui aurait « deux fers dans le feu ». En témoigne, selon des sources, la tournée de sensibilisation du Parena en 2006 à Sikasso pour dire que l’Accord d’Alger « est conforme à la Constitution » avant de tourner casaque.

Selon nos informations, le parti Sadi pense que le Parena est un opposant de circonstance et que ses prises de position ne sont pas sincères. Le parti Sadi estime que la prise de position radicale du FDR découle plus du fait que Koulouba lui a coupé les vivres que d’une conviction réelle.

En suggérant au Premier ministre d’être prochainement reçu séparément du FDR, le parti Sadi laisse entrevoir que les leaders du Front n’inspirent pas confiance.
Quand « l’opposition » s’étripe, le peuple restera longtemps confiné dans l’obscurité.


Mohamed Daou

29 Juillet 2008