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Intervenue il y a un an pour stopper l’avancée des groupes armés, l’opération Serval avait été chaleureusement applaudie par la population malienne et de la diaspora. Cependant, cette opération qui a sauvé le Mali a fait l’objet d’acerbes critiques notamment sur le dossier de Kidal où la France est accusée de comploter avec les touaregs du Mnla pour signer la division du pays.

Le 11 janvier 2013 est marqué à jamais dans les esprits et cœurs de l’ensemble de la population malienne. Car à cette date commença le processus de libération des villes septentrionales qui étaient sous l’emprise des djihadistes

Serval, l’opération qui a sauvé le Mali

L’ensemble de la population malienne avait perdu tout espoir quand elle a appris que les rebelles avaient investi la ville de Konna en direction de la capitale avec l’unique intention de continuer à porter atteinte aux droits humains. Les Maliens assistaient sans défense à la transformation de leur pays en un lieu qui allait certainement servir pour le narcotrafic et le banditisme en tous genres. C’est alors que la France entra en action pour venir en aide à »un pays ami en voie de disparition’‘. Il a fallu moins de quelques jours pour récupérer une à une les villes où les droits humains les plus élémentaires étaient bafoués.

Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, la France était vue comme le sauveur de tout un peuple de la barbarie d’un islam que seuls les détenteurs comprenaient. L’opération, sous le nom de Serval, venait de redonner à un peuple tout entier sa liberté et son honneur jadis perdus. Une atmosphère de reconnaissance envers François Hollande envahit le pays tout entier, même dans les hôpitaux et maternités où certains parents ont surnommé les nouveaux nés »François Hollande » ou encore »Damien Boiteux », le premier soldat étranger tombé sur le champ de l’honneur en défendant les terres du Mali. Bref tout le pays s’était senti reconnaissant et fier, à l’image d’un vieux de Tombouctou qui a offert un chameau au président français. Le drapeau français était brandi sur tout le territoire national.

Kidal, le dossier qui a discrédité la France

Si les Maliens ont fortement acclamé l’intervention française au Mali, il n’a fallu que quelques mois pour que le fossé se creuse petit à petit entre les populations maliennes et la France. Un fossé qui est devenu aujourd’hui assez profond. En effet, pendant le processus de libération des trois régions du nord (Gao, Tombouctou et Kidal), l’armée nationale soutenue par Serval a activement participé aux combats. Mais elle a été curieusement écartée de la région de Kidal pour des motifs de compétence ou d’agressions contre les populations touaregs de Kidal.

Dès lors, les questions commencèrent à tarauder les esprits à propos des véritables intentions de la France. Les doutes se confirmeront plus tard quand la France a remis sur pied et installé dans la ville de Kidal les premiers hommes qui ont pris les armes contre le pays. Les locaux du gouvernorat leur servaient de QG pendant que l’administration était cloitrée dans les locaux de la mairie. Et des responsables du gouvernement ont plus d’une fois fait l’objet de violences par les jeunes bandits en présence des forces françaises et onusiennes.

Quant aux accords de Ouaga, ils n’ont jamais été réellement mis en application par le Mnla. Malgré que les nouvelles autorités du pays aient libéré plusieurs détenus et levé les mandats d’arrêt internationaux lancés contre certains des responsables du Mnla. Les combattants du Mnla n’ont jamais été cantonnés conformément aux accords, au contraire c’est l’armée malienne qui l’est. Ce sont tous ces faits qui ont contribué à discréditer la politique de la France d’où le début des manifestations à Bamako pour protester contre le comportement complice de François Hollande.

La France est passée de sauveur en complice au vu de son comportement. Tout le monde s’est senti trahis, comme le dit IBK ‘‘la communauté internationale nous oblige à négocier avec des bandits armés ». Et des milliers de personnes ont battu le pavé plus d’une fois pour dénoncer cette attitude des autorités françaises qui compromet le rétablissement effectif de l’intégrité du territoire.

Aboubacar DICKO, Stagiaire

L’Indépendant du 16 Janvier 2014