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Nonobstant les informations météorologiques relatives à une pluviométrie abondante cette année et qui peut occasionner des dégâts éventuels, les autorités continuent avec les pluies provoquées appelées opération « Sandji ». Pour quel objectif ?

L’opération pluie provoquée a été officiellement lancée le 21 juillet 2008 par le ministre de l’Equipement et des Transports. La cérémonie a eu lieu à l’aéroport de Bamako-Senou en présence du directeur général de la météo, Mama Konaté.

Pour cette année, les autorités ont sorti la grosse artillerie en se dotant de deux avions, dont le second a été livré le jeudi dernier, et d’un 4e radar.

Ce n’est pas tout : il a été fait appel à une équipe de pilotes et de mécaniciens américains qui vont passer les 4 mois de bombardements de nuages aux côtés des ingénieurs maliens de la météo malienne. Les deux avions sont basés à Mopti et Bamako et interviennent dans un rayon de 250 km. L’opération coûte 2,835 milliards de F CFA. Ces matériels viennent renforcer le dispositif déjà existant.

Les opérations de pluies provoquées ont été reconduites en 2007-2008 avec un renforcement des moyens et une extension à d’autres zones du pays. Compte tenu des résultats satisfaisants de l’expérience, attestés par une augmentation moyenne de 15 % de la pluviométrie par rapport à la normale dans les zones déficitaires et de 45 % par endroits, le gouvernement a décidé de reconduire le programme pour la campagne 2008-2009.

Le marché de prestations de services est conclu à cet effet avec la société Weather Modification Incorporated (WMI), qui a conduit les opérations pendant les deux précédentes campagnes. Le financement de ce programme est assuré par le budget malien.

Pluies dévastatrices

Les opérations consistent à détecter les bons nuages qui contiennent de l’eau et ensuite à les ensemencer par un produit qu’on appelle diodure d’argent et du chlorure de calcium. Ce qui provoque une condensation qui va mener à la tombée de la pluie.

L’opération « Sandji », selon les responsables en charge, a pour but de réduire le déficit pluviométrique que notre pays connaît depuis plusieurs années (la pluviométrie de 1200 mm n’existe plus dans le Sud du Mali) en vue de renforcer les programmes d’aménagements et d’équipements hydro agricoles.

Mais sans être contre l’opération qui, selon le directeur général de la météo, a eu un impact considérable sur les cultures, elle devait être suspendue cette année ou du moins réduite pour ne concerner que des poches déficitaires et surtout éviter les zones où les précipitations sont annoncées abondantes avec des risques d’inondations.

Comme pour corroborer notre thèse, la direction nationale de l’hydraulique a fait un communiqué annonçant une pluie abondante avec des risques d’inondations entre juillet, août et septembre.

Quelles pourraient être les conséquences d’une pluie provoquée ajoutée à une pluie qui s’annonce abondante ? Elles ont pour noms : dévastation des champs, destruction des maisons en banco et parfois même de routes et ponts… Décidément les 2,8 milliards pouvaient servir à autre chose dans un contexte de rareté des ressources financières. Mais d’aucuns ont vraiment intérêt au maintien de l’opération « Sandji » contre vents et marées.


Amadou Sidibé

23 Juillet 2008