Partager


Face à la prolifération des engins à deux roues et les conséquences des multiples accidents, l’Etat malien, à travers les combines des ministres de l’Equipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga ; de la Sécurité et de la Protection Civile, le général Sadio Gassama et des Finances à l’époque, Abou-Bakar Traoré, ont décidé de mettre de l’ordre dans la circulation. En cela, à travers une opération dite «Opération Permis de Conduire et Immatriculation des engins à deux roues» a été initiée. Cette opération devrait avoir lieu dans six mois (du 1er novembre 2008 au 30 avril 2009).

jpg_jakartaMoto_02.jpg

Des estimations financières :: 2 940 000 000 F CFA de prévision

Sachant que le Malien conçoit tout, les responsables du Mouvement Citoyen, dirigés par Ahmed Diane Séméga, ministre de l’Equipement et des Transports ; et Sadio Gassama, le Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, ont initié une collecte de fonds : «Opération Permis de Conduire et Immatriculation des engins à deux roues».

L’argument avancé fut de réduire le taux des accidents de la circulation qui s’est accru avec la prolifération des engins à deux roues. La bagatelle de 2 940 000 000F est prévue pour cette opération sur le dos du contribuable malien.

A regarder de très près, le taux élevé des accidents de la circulation n’incombe pas au fait que les motos ne sont pas immatriculées ou que les motocyclistes ne détiennent pas de permis de conduire.

L’argument qu’ils auraient dû avancer serait de renflouer les caisses de l’Etat.
Il est aujourd’hui un constat que le phénomène ‘’accident de la circulation’’ est plutôt d’ordre éducationnel.

Ce ne sont pas quarante cinq minutes de journée de formation qui suffiront à apprendre à un motocycliste le code de la route et par conséquent infléchir le taux des accidents. A notre sens, c’est un argument fallacieux.

Il fallait plutôt procéder à une sensibilisation des populations et non par la passation de permis de conduire qui n’a fait qu’aggraver la situation.

Les responsables qui ont initié cette opération devraient être plus regardants avec la situation de crise économique précaire que bon nombre de Maliens vivent.

Cependant, leur business tend vers une réussite. A la date du 04 avril 2009, 49 000 permis sont livrés contre 56 000 plaques d’immatriculation pour une bagatelle de 390 000 000 F CFA. Ces informations sont à apprendre avec beaucoup de réserve parce que les permis tombent à compte-goutte. La preuve en est que les permis passés en janvier ne sont pas encore délivrés.


Le festival de magouille

Il y a beaucoup d’abus et de pratiques à dénoncer concernant cette opération. Les propriétaires d’engins à deux roues, les candidats à l’immatriculation sont confrontés à de dures épreuves. Ils sont à la merci des agents du Ministre Séméga. Sur toute l’étendue du territoire malien, il n’existe que douze centres dont quatre dans le District de Bamako.


Dans la capitale,
les dossiers sont déposés soit à la Direction Régionale des Transports routier, fluvial et Maritime de Sogoniko, soit au Garage Administratif à Dar-salam, soit à la Cité des Enfants (Cité UNICEF) à Sogoniko, soit à la Zone Industrielle. Malgré ces quatre centres de dépôt, les passations ne se font qu’à deux centres : Cité des Enfants et la Zone Industrielle.

A Sogoniko, le duo Modibo et Touré sont chargés de l’appel des candidats à passer le permis. Ceux-ci sont aujourd’hui dans leurs beaux jours. La question qu’il faut se poser est de savoir comment sont-ils arrivés là ?

Le travail bien fait est leur dernier souci. Des dossiers déposés depuis le début de l’opération sont toujours dans le circuit alors que les intéressés doivent patienter. Par contre, d’autres sont accueillis à bras ouvert. Donc, il y a une gestion népotisme à dénoncer.

Au finish, un réseau mafieux de trois mille francs est mis sur place dans le but de sucer le sang du malien. Il suffit de faire accompagner le dossier par 3000 F CFA pour se mettre à l’abri du soleil et de gagner du temps. Les personnes qui payent les 3000 F CFA, bénéficient d’un traitement spécial.

Les coups de téléphone sont des moyens pour diligenter la procédure de passation ou d’immatriculation comme partout au Mali. Ce comportement ne doit pas être une surprise d’autant plus ce service relève du ministère de l’Equipement et des Transports, avec à sa tête un ministre délinquant financier (qui détourne 11 millions de CFA en thé en une journée de 31 décembre c.f rapport du végal).

Une dame relevant du centre de la ‘’Cité des enfants de Sogoniko’’ n’hésite pas à démarcher les candidats en ses termes : «Au lieu de venir s’arrêter sous ce chaud soleil, vous pouvez rentrer par la petite porte pour éviter le rang mais à condition… ».

Le calvaire des populations

C’est ce calvaire que les populations maliennes subissent depuis novembre 2008. Pour qui connaît le revenu du travailleur malien, on constate que les autorités de notre pays n’ont aucun souci, ni aucun respect envers leurs populations.

En six mois, les propriétaires d’engins à deux roues sont contraints de payer : 6000 F CFA pour la vignette, 2000 F CFA pour le permis de conduire et 8000 ou 10 000 F CFA pour la plaque d’immatriculation et la carte grise. Ce problème vient se greffer la cherté de la vie dont ces mêmes dirigeants sont les premiers responsables de la spéculation des prix des denrées de première nécessité.

Il n’est un secret pour personne que ces mêmes autorités à travers le «haut parleur» du ministère de l’Industrie et du Commerce, Ahmadou Abdoulaye Diallo, ne cessent de se taper la poitrine pour les exonérations accordées aux opérateurs économiques.

On sait également que les périodes d’exonération au Mali sont les plus difficiles à vivre car le gouvernement n’a les moyens de contrôler les prix des produits ayant fait l’objet d’exonération. Ce qui donne le champ libre à nos vaillants commerçants qui fixent les prix selon leur bon vouloir.

A la Cité des Enfants, les candidats sont regroupés comme des animaux sous ce chaud soleil. Ils subissent toute sorte de traitements de la part des techniciens de la Direction National des Transports. Ces agents n’hésitent pas à renvoyer sous huitaine, un candidat qui n’a pas entendu son nom. Ajouter à cela, les insultes envers les candidats. Les veilles personnes ne sont pas épargnées de leur grossièreté.

Ces conduites malsaines provoquent la colère chez certains usagers. C’est pourquoi, M. Touré a échappé de justesse à un lynchage le jeudi 09 avril 2009, n’eu été la gentillesse et l’intervention de son collègue, M. Dembélé. C’est pourquoi les forces de l’ordre ont été déployées sur les lieux.

Et nous savons tous que les agents des forces de sécurité qui sont sensés mettre de l’ordre, sont les premiers à créer le désordre. Ils se croient en guerre face à des ennemis. Ainsi, les candidats sont manœuvrés, souvent menottés pour avoir chercher à s’informer.


Les usagers font l’objet d’insultes graves et de grossièreté de la part de ces mêmes agents de maintien d’ordre. Quelle sécurité peut-on maintenir avec de tels agents ?

Ce sont là des raisons qui découragent nombre de citoyens à passer le permis et à prendre la plaque d’immatriculation.

Est-ce la peine de perdre des journées sans travailler, sachant qu’on va venir s’exposer au soleil, au népotisme et aux tracasseries des agents de la DNT, et aux grossièretés de nos forces de l’ordre qui n’accordent aucune importance à l’être humain.

Voilà autant de problèmes que certains subissent et par finir abandonnent, renoncent aux 2000F CFA payés, préférant en découdre avec les agents de la circulation routière.

En effet, les candidats au test de permis de conduire pour motos méritent respect et considération. Si rien n’est fait, la Cité des Enfants fera l’objet d’un affrontement.

Les ministres Séméga et Gassama doivent revoir la méthode de travail des agents de ce centre. Il faut mettre fin aux magouilles entretenues par les techniciens, aux tortures des agents de Sécurité pour que cette opération soit une réussite.

A bon entendeur, Salut.!

Y. COULIBALY

L’Inter de BKO du 27 Avril 2009