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En limogeant en bloc tout son gouvernement jeudi soir, la présidente du Malawi Joyce Banda a à nouveau marqué sa différence en répondant aux attentes de ses compatriotes et des donateurs étrangers excédés par une énième affaire de détournement d’argent éclaboussant ses ministres. Prenant le risque de se rendre impopulaire dans son parti à moins d’un an des élections générales de mai 2014, Mme Banda a fait le choix d’envoyer « un message fort, non seulement aux fonctionnaires nationaux mais aux autres leaders de la région », observe Thomas Wheeler, politologue à l’institut sud-africain des Affaires internationales (SAIIA). D’autant plus que certains ex-ministres pourraient maintenant être incriminés dans l’enquête. « Peu de dirigeants de la région ont le courage de faire ça alors que la corruption est un vaste problème. Et je pense que les gens affectés par la corruption seront contents », ajoute M. Wheeler.Mme Banda avait déjà emporté la conviction des bailleurs occidentaux avec des mesures d’austérité que refusait son prédécesseur Bingu wa Mutharika, brutalement décédé l’an dernier: dévaluation de 49% du kwacha, ou encore, suppression des subventions au carburant. Elle s’est aussi distinguée en 2012 en renonçant à accueillir un sommet de l’UA pour ne pas avoir à inviter le président soudanais Omar el-Béchir, recherché par la CPI. AFP.