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Le 5 janvier 2009, à la faveur de la présentation du bilan d’activités 2006-2008 de la coordination des associations des maliens rapatriés de Côte d’Ivoire (CAMRCI), la gestion des fonds de l’opération «Faso Dembé» a refait surface. Les rapatriés, pour financer des activités génératrices de revenues réclament le reste de l’argent qui n’a pas été dépensé.

Pour aider le gouvernement malien à rapatrier nos compatriotes de la Côte d’Ivoire, pendant les heures chaudes de la crise qui secouait ce pays, des opérateurs économiques maliens, avec la caution de l’Etat avaient initié une opération dénommée «Faso Dembé», en vue de collecter des fonds. A l’époque pilotée par Bakoré Sylla, l’opération a été un franc succès. Certaines indiscrétions soutiennent que 380 millions de nos francs ont été mobilisés à la faveur de cette opération.

Selon des responsables d’associations membres de la CAMRCI, une bonne partie des sous collectés aurait servi à rapatrier sain et sauf des milliers de maliens de la Côte d’Ivoire à feu. Mais, ils estiment, en fonction des informations en leur possession qu’une autre partie des sous, non moins négligeable, dort encore dans des comptes au niveau de certaines banques du pays.

Sans accuser quelqu’un, ces responsables estiment aujourd’hui que la logique aurait voulu que ces fonds qui dorment dans des comptes en banques soient utilisés pour aider la coordination à financer ses activités en faveur des Maliens rapatriés de Côte d’Ivoire.

«Nous n’avons aucun doute, le reste de l’argent collecté à la faveur de l’opération Faso Dembé, est là et n’a pas été utilisé officiellement», nous a indiqué Alassane Sanogo, président des jeunes maliens rapatriés de Côte d’Ivoire.

Une lettre, du président de la chambre de commerce et d’industrie de Sikasso, président de l’opération «Faso Dembé», dans la capitale du Kénédougou, conforte les responsables de l’association malienne des rapatriés de la Côte d’Ivoire dans leur conviction.

En 2006, suite à une réclamation des dons en espèces octroyés aux rapatriés de Côte d’Ivoire, formulée par leur association, le président de la chambre de commerce de Sikasso et non moins président de l’opération Faso Dembé au niveau régional, n’a pas nié l’existence du fonds.

Il a simplement indiqué qu’il était très sensible aux conditions de vie des rapatriés, tout en leur signifiant qu’il était au regret de leur notifier que si les textes créant l’opération Faso Dembé, l’ont autorisé à collecter des fonds en espèces et en nature au profit des rapatriés de la Côte d’Ivoire, les mêmes textes l’interdisent une utilisation quelconque desdits fonds sans autorisation expresse du Fonds de Solidarité Nationale (FSN) et cela à travers le ministère du développement social et le gouvernorat.

«Avec cette réponse, nous avions eu la certitude que l’argent existe», nous a indiqué un responsable de Sikasso. Dans une lettre adressée le 7 mars 2006 au ministre du développement social, de la solidarité et des personnes âgées par l’association des maliens rapatriés de Côte d’Ivoire, en réclamation des dons en espèces et en nature octroyés aux rapatriés, la section de Sikasso précise que le gouverneur de la région du Kénédougou a indiqué que tous les fonds collectés au niveau de la région ont été envoyés à Bamako.

Mais, malheureusement, cette lettre est restée sans réponse. Aujourd’hui, face aux difficultés de leur insertion socio-économique et surtout face à la modicité des aides ou des subventions qu’ont leur octroie par-ci et par là, les associations des maliens rapatriés de Côte d’Ivoire pensent que le reste de sous collectés dans le cadre de l’opération «Faso Dembé», pourrait les aider à développer des petits projets qui vont faciliter leur insertion socio-économique dans le développement du Mali.


Assane Koné

07 Janvier 2009