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L’occupation timide et anarchique du lit du fleuve Niger ne cesse de prendre de l’ampleur depuis la pose de la première pierre du 3e pont de Bamako par le président de la République. Devant les risques graves auxquels s’exposent les occupants, le ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières exige l’arrêt immédiat des travaux. Faute de quoi…

Le lit du fleuve ainsi que ses dépendances sont des domaines publics de l’Etat et en tant que tels, ne peuvent faire aucunement l’objet d’occupation. Pourtant, depuis le lancement des travaux de construction du 3e pont de Bamako par le président de la République, l’occupation timide des berges ou du lit du fleuve Niger va crescendo. Les chantiers poussent partout comme des champignons au mépris de la loi et des risques pour les occupants et leurs familles et pour les autres en ce que les eaux vont se frayer forcément un autre chemin.

C’est dire que la course effrénée des Maliens pour l’occupation de la terre ne connaît plus de limites dans le district. Et cela à un moment où l’Etat débourse à chaque hivernage des centaines de millions pour curer les caniveaux et permettre ainsi un écoulement sans débordement des eaux. Mais d’autres, se croyant certainement assez riches pour braver la nature au moyen de leur fortune, choisissent de faire loger leurs familles dans l’eau du fleuve Niger.

Devant les risques graves auxquels les occupants s’exposent et exposent les autres citoyens, le gouvernement ne veut plus rester indifférent. D’où la mise en place le 22 juin dernier d’un cadre de concertation regroupant les ministères des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, de l’Habitat et de l’Urbanisme, de la Justice, de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, de l’Assainissement et de l’Environnement, de l’Economie et des Finances, des Mines, de l’Energie et de l’Eau. Il s’agira, pour chaque département ministériel dans son domaine de compétence, de prendre toutes les mesures de sécurité et de préservation de l’environnement qui s’imposent.

D’ailleurs, sur instruction du ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières, les services techniques procèdent à des enquêtes sur le terrain. Ainsi, dans les jours à venir, il sera procédé à un recensement exhaustif des occupations anarchiques et constructions illicites. En clair, tous les détenteurs de titres irréguliers et tous les occupants sans titre s’exposeront à la rigueur de la loi. Aussi, les mêmes dispositions de la loi seront appliquées à tous les agents de l’administration publique qui se seraient rendu coupables de manquement à leurs obligations professionnelles.

Mais la question qui taraude les esprits est celle relative à la sourde oreille des occupants à l’appel des services compétents demandant toute cessation de travaux ? Tout porte à croire que les occupants espèrent une hypothèque plus value dans la perspective d’une expropriation pour cause d’utilité publique. Erreur ! Car le domaine public au regard de la loi ne peut pas être cédé.

En tout état de cause, les ministres membres du cadre de concertation ont instruit que la procédure en vue de la démolition des constructions réalisées en violation de la loi soit diligentée. Tous les chantiers achevés ou en cours seront démantelés d’ici les hautes eaux d’hivernage pour éviter au fleuve de sortir de son lit et occasionner des dégâts incalculables.

Mohamed Daou

29 juin 2007.