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La nouvelle est tombée le vendredi dernier sous la forme d’un communiqué rendu public par la Direction de l’information et des relations publiques des armées (dirigée par le colonel Abdoulaye Coulibaly), dont voici la teneur : « une patrouille des Forces armées et de sécurité a, au cours de sa mission de poursuite et d’interception, accroché ce jour 8 mai 2008, un groupe de bandits armés dans le secteur d’Inabock, région de Kidal. Le bilan est le suivant : côté ennemi : Onze (11) éléments faits prisonniers par les forces armées et de sécurité.
Deux (2) Land Toyota, un nombre important d’armes individuelles et collectives et un (1) lot considérable de munitions ont été également saisis par nos forces. On ne déplore aucune perte en vie humaine, ni blessé du côté des Forces armées et de sécurité
».

Au-delà de ce communiqué, nous avons pu recueillir des précisions de taille sur ce succès enregistré par l’Armée qui multiplie actuellement des opérations de ratissage dans tout le secteur du nord.

Objectif : traquer les groupuscules armés qui y pullulent depuis quelques mois.

Première précision : Les bandits appréhendés sont ceux-là même qui, le samedi 3 mai dernier, avaient attaqué un convoi de ravitaillement des forces armées et de sécurité. Attaque intervenue entre Aguel Hock et Tessalit ayant coûté la vie à un élément des forces armées et fait 9 morts et 18 blessés chez les assaillants. Aussi trois véhicules des bandits avaient été détruits.

Deuxième précision : Après cet accrochage, les bandits armés, sans doute surpris par l’intensité de la résistance à eux opposée par les éléments en charge de la sécurité du convoi de ravitaillement, ont tenté de regagner les montagnes, alors que le chef du convoi, un colonel (dont nous taisons volontairement le nom) a lancé ses hommes à leur poursuite. Une stratégie qui s’est finalement avérée payante.

En effet, c’est une unité composée d’éléments du convoi attaqué qui a finalement réussi à capturer les bandits avant qu’ils n’atteignent leur base de repli.
Troisième précision : Le nombre de bandits appréhendés était largement supérieur aux 11 finalement mis sous les verrous. En effet, les militaires ont été surpris de constater dans les rangs des bandits, la présence d’une dizaine d’enfants armés et dont l’âge varie entre 14 et 16 ans, selon une source militaire.

Visiblement sous l’effet de la drogue, ces enfants “soldats“ ont été présentés aux chefs militaires puis relâchés à Inabock. Voilà qui confirme les informations relatives à l’enrôlement (forcé) d’enfants au sein des bandes armées et dont « L’Aube » avait fait état dans une précédente parution.

En effet, dès le début de la crise, Ibrahim Bahanga a réussi, par la force, à entraîner de nombreux enfants de Kidal dans son aventure. D’autres groupes armés n’hésitent plus à faire recours à ce procédé, dans le seul but de grossir leurs rangs. Une première dans l’histoire de la rébellion au nord, tout comme l’usage de mines.
L’arrestation de ce premier groupe de prisonniers depuis l’éclatement de la crise de Kidal est le fruit d’une stratégie mise en œuvre depuis quelques semaines par la hiérarchie militaire.

En effet, les patrouilles se multiplient. L’Armée occupe le terrain et a décidé de ne plus attendre « l’ennemi ».
Le dispositif mis en place dont l’un des éléments est justement le ratissage de toutes les zones, jusqu’ici, fréquentées par les bandits, s’ils n’ont pas franchi les frontières avec certains pays comme l’Algérie ou la Mauritanie, consiste à boucler tous les grands axes empruntés par les bandits.

Selon un officier « les jeunes [NDLR : il fait allusion aux soldats gendarmes et gardes], sont tous déterminés. Chacun veut figurer dans les missions à chaque opération».
La persistance de la crise a créé, en effet, une motivation supplémentaire à tous les niveaux des forces armées et de sécurité. Aujourd’hui, celles-ci sont déterminées à accomplir leur mission de défense de l’intégrité du territoire national. Un travail que nos soldats accomplissent, avec brio, malgré les difficultés dont la première est la surveillance d’un espace (le Nord-Mali), environ trois fois plus grand que le reste du pays.

CH. Sylla

L’Aube du 12 mai 2008