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Les populations de Niamakoro ont été ra­vitaillées gratuitement en eau potable hier mercredi 4 avril par l’Energie du Mali. Cette opération dénommée «Opération citerne» s’inscrit dans le cadre d’un plan d’action de solidarité que la société a mis en place en fa­veur des quartiers défavorisés de Bamako.

Les 1008 logements, Yirimadio 26 mars, Sokorodji, Dianéguéla, Kalaban-Coura, Sabalibougou et Niamakoro sont les princi­paux quartiers qui sont con­cernés par cette opération.

Après le ravitaillement des habitants des 1008 lo­gements le mardi 3 avril, début de l’opération, les po­pulations de Niamakoro ont à leur tour bénéficié hier de la générosité de l’EDM.

En effet, des camions remorques citernes d’une capacité de 500 milles litres ont consacré toute la journée à servir gratuitement aux po­pulations de l’eau potable.

Pour la circonstance, les femmes et les enfants munis de bidons, de bassines et de seaux sont sortis nom­breux pour s’approvisionner. Les femmes qui se sont faites accompagner par beau­coup d’enfants se limitaient à récupérer l’eau et les en­fants couraient pour rame­ner des seaux d’eau à la maison. L’ambiance était grande. Tout le monde était mobilisé.

Une femme portant son enfant à califourchon avec une bassine sur la tête a laissé entendre : «aujourd’hui est un événe­ment, c’est la première fois qu’on nous apporte de l’eau».

Un peu plus loin de cette femme, Maïmouna Sangaré, titubant avec deux bidons remplis d’eau a sa­lué l’initiative de l’EDM.

Chata Dembélé a appelé EDM à mettre tout en œuvre pour amener le réseau d’eau à l’intérieur du quartier. Se­lon elle, à cause de la pénu­rie d’eau, nombreux sont les enfants qui n’arrivent pas à étudier. Ils vont toujours en retard en classe. Car, cha­que matin, ils remplissent les barils avant d’aller à l’école. «Nous avons besoin de l’eau pour vivre» a-t-elle dé­claré.

Djénéba Sidibé, une autre ménagère de décla­rer : « Chaque jour, je dé­pense plus de 500 FCFA en eau. Ce sont les traîneurs de pousse-pousse qui me ravitaillent. Ce qui me fait surtout mal, en cette pé­riode de grande chaleur, à cause du manque d’eau on ne peut se laver qu’une seule fois».

A rappeler que Niamakoro est un quartier qui souffre terriblement du manque d’eau. Le réseau d’EDM ne couvre qu’une petite partie du quartier si­tuée à côté de la cité UNICEF.

A cause de la pau­vreté, les familles qui ont la possibilité de se brancher sont rares. Les quelques bornes fontaines qui sont aussi installées dans le quar­tier sont incapables de sa­tisfaire les populations. Elles connaissent des coupures incessantes d’eau.

A la borne fontaine un seau d’eau est vendu à 10 F, même prix pour une bassine. La baignoire fait 15 F CFA. A Niamakoro, il n’existe que deux vieux châteaux d’eau. Avec la rouille qui a envahi l’intérieur du château, l’eau n’est plus consommable.

Alpha Sékou Djittèye, PDG de l’EDM avait effec­tué le déplacement sur les sites d’opération pour cons­tater le déroulement. Ainsi, a-t-il déclaré qu’elle vise seu­lement à soulager la souf­france des populations.

Aujourd’hui, force est de reconnaître que la crois­sance démographique de Bamako est de plus en plus rapide. Conséquence, la de­mande d’eau est supérieure à l’offre. La station de Djikoroni-para qui traite les eaux est saturée.

Comme recours, l’Etat envisage la construc­tion de la station de Kabala. Cette dernière, dont les tra­vaux vont durer deux ans, a été financée par l’Etat à hauteur de 70 milliards de FCFA.

Afin de faire face à la crise d’eau qui risque de frapper cette année les po­pulations, l’Etat en collabo­ration avec EDM a mis en place des mesures d’ur­gence. Il s’agit, entre autres, de l’extension de la Station de Djikoroni, et les travaux de construction des forages dans la zone aéroportuaire. Ajoutons que dans quelques semaines, ces travaux se­ront achevés.

Abdoul Karim KONE

05 avril 2007.