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Réunion de haut niveau à l’ONU sur le Sahel : le plaidoyer de Cheick Modibo Diarra

Le Premier ministre a sollicité l’appui de la communauté internationale et demandé au Conseil de sécurité d’adopter rapidement une résolution permettant l’intervention d’une force internationale dans le nord de notre pays

jpg_une-1064.jpgLe Premier ministre Cheick Modibo Diarra est intervenu hier lors d’une réunion de haut niveau sur le Sahel organisée en marge de la 67è session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Dans son discours, le chef du gouvernement a fait le point de la crise qui frappe notre pays et a dit espérer que cette réunion de haut niveau puisse déboucher sur une stratégie cohérente en vue de contrer la menace terroriste dans le Sahel. De son point de vue, cette stratégie doit prendre en compte les moyens d’action qui seront mis en oeuvre pour permettre au Mali de retrouver l’intégralité de son territoire.

Le Premier ministre a noté que la crise au Mali a quatre dimensions : politique, institutionnelle, sécuritaire et économique. Cheick Modibo Diarra estime que la crise politique et institutionnelle qui a secoué le pays après le coup d’Etat militaire du 22 mars dernier, a connu son épilogue après la mise en place d’un gouvernement d’union nationale qu’il conduit. C’est ce gouvernement qui travaillera à la tenue d’élections libres, apaisées et transparentes.

Le chef du gouvernement a indiqué que la dimension sécuritaire est dominée par l’occupation du nord du pays par des groupes terroristes qui sont en train de commettre toutes sortes d’exactions sur les populations, notamment des viols et des assassinats.

A ce propos, il a demandé l’appui de la communauté internationale et sollicité le Conseil de sécurité de l’ONU pour l’adoption rapide d’une résolution permettant l’intervention d’une force internationale dans le nord de notre pays. L’une des conséquences de l’occupation des régions du nord est la dégradation de la situation humanitaire. A ce propos, Cheick Modibo Diarra a demandé à la communauté internationale de lever les fonds pour venir en aide aux populations déplacées à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Analysant la situation économique du pays, le chef du gouvernement a constaté que la suspension de l’aide internationale a beaucoup fragilisé l’économie et les finances du pays.

Pour Cheick Modibo Diarra, il y a trois urgences au Mali. La première est d’agir très vite pour mettre fin à l’occupation du nord. La deuxième est de venir en aide aux populations déplacées du nord. Enfin, la troisième est la reprise de la coopération bilatérale et multilatérale.

Avant le Premier ministre, plusieurs intervenants se sont succédé à la tribune, notamment le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le président en exercice de l’Union africaine, Thomas Yayi Boni, le secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton, le président français François Hollande, les chefs d’Etat de l’Afrique du sud, du Nigeria, du Sénégal.

Le président français a noté que la menace terroriste dans le Sahel doit être prise au sérieux car au delà de cette zone, c’est le monde entier qui est concerné. S’agissant du Mali où les 2/3 du territoire sont occupés par des groupes terroristes, le chef de l’Etat français a plaidé pour la constitution d’une « force de stabilisation » en vue de reconquérir les zones occupées. A ce propos, il a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de prendre une résolution dans ce sens et de la mettre en application le plus rapidement possible. « La France soutient pleinement cette initiative », a-t-il assuré avant d’ajouter : « il n’est pas question de négocier avec les terroristes ».

Déjà mardi lors de l’ouverture du débat général, François Hollande avait déclaré que la situation dans le nord du Mali « est insupportable, inacceptable » et « il faut que le terrorisme soit écarté de cette zone du Sahel » et pour cela « il n’y pas de temps à perdre ». « La France, je l’annonce ici, soutiendra toutes les initiatives permettant que les Africains eux-mêmes règlent cette question dans le cadre de la légalité internationale avec un mandat clair du Conseil de sécurité. Oui, il faut que le Mali retrouve l’intégrité de son territoire », avait-t-il ajouté.

Envoyé spécial

MADIBA KEITA

L’Essor du 27 septembre 2012