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C’est un incident malheureux que la police du 10ème arrondissement a vécu, le vendredi 20 décembre, quand elle a été alertée d’un vol d’enfant par un fou. Interpellée, la police a fini par se rendre compte que la personne en question n’était pas un fou et qu’elle était, bel et bien, le père de l’enfant qu’il portait.

Comment une telle bévue s’est-elle produite ? En effet, le vendredi passé, aux environs de 17 heures, à cause de ses «dread locks» et de son accoutrement peu orthodoxe, un rasta man, répondant au nom d’Amadou, qui passait derrière les Halles de Bamako pour rallier sa belle famille, a été pris pour un fou par une vendeuse. Ce qui intrigua cette dernière, c’est que celui qu’elle prenait pour un fou portait un enfant. Elle a, aussitôt, alerté ses voisins qui, sans chercher à comprendre, ont dépêché quelqu’un au 10ème arrondissement tout proche, tandis qu’elle même suivait le rasta man, loin derrière.

Au poste de police, la mobilisation fut générale. Il fallait, à tout prix, récupérer l’enfant. C’est ainsi que le secteur compris entre les Halles de Bamako et la gare des voyageurs de la société de transport SONEF fut aussitôt bouclée par un cordon de policiers. Petit à petit, l’étau se resserra sur le suspect qui ne se rendait pas compte de tout ce remue-ménage.

Arrivés au niveau de la société SONEF, les policiers immobilisèrent le rasta man qui ne leur opposa aucune résistance. Très lucide, il demanda très poliment aux policiers l’objet de son arrestation. Ce qui surprit beaucoup les policiers qui croyaient toujours avoir à faire à un fou comme il leur a été rapporté. Amadou, très docilement, fut conduit au poste de police. Il expliqua à l’inspecteur de police qu’il partait de ce pas dans la grande famille de sa femme pour laisser son enfant avec sa grand-mère. La police fit immédiatement venir la maman de l’enfant. Celle-ci se fit d’ailleurs accompagner par son père pour témoigner qu’effectivement le rasta man est le père de l’enfant et que ce dernier n’est pas un fou comme on leur a fait croire. Le rasta man a été aussitôt libéré.

Pierre Fo’o Medjo

22 Septembre du 23 Décembre 2013