Partager

En début juin 2014, le représentant spécial du Chef de l’État malien chargé du dialogue Inter-malien, Modibo Keïta, a échangé avec des groupes armés qui lui ont fait des propositions. Mais la réalité est que ces propositions sont en contradiction avec la volonté des autorités maliennes qui souhaitent que ces négociations se déroulent en territoire malien. Ce qui n’est pas du tout de l’avis des groupes armés qui exigent plutôt que les pourparlers se tiennent dans un pays qu’eux-mêmes qualifient de neutre. En plus, les groupes armés réclament la désignation d’un médiateur international.

On se souvient qu’au lendemain des affrontements qui ont eu lieu à Kidal les 17 et 21 mai 2014 et qui se sont soldés par ce qu’on peut appeler “la victoire des groupes armés”, le président mauritanien Mohamed Ould Aziz est intervenu en tant que médiateur et a obtenu des parties béligérantes la signature d’un cessez-le-feu. Le contenu de ce cessez-le-feu ne plaide pas du tout à l’avantage du Mali, en ce sens qu’il compte de véritables obstacles pour empêcher l’État du Mali d’avoir le monopole de la situation à Kidal.

A propos des pourparlers pour aboutir à la décrispation de la situation et conduire à un dialogue inclusif inter-malien, on peut d’ores et déjà affirmer que l’acceptation, par toutes les parties, de désigner l’Algérie pour mener la médiation est en quelque sorte une victoire pour le Président IBK. En effet, on se rappelle que le noyau dur de la rébellion touarègue, constitué du Mnla, du Hcua et du Maa, voulait “Tout sauf l’Algérie” pour diriger les négociations. Finanlement ce noyau dur s’est engagé à accepter la médiation algérienne en signant la “Déclaration d’Alger”.

Par ailleurs, si la désignation de l’Algérie pour mener les pourparlers sonne comme une victoire pour l’État malien, il n’en demeure pas moins que le revers de la médaille est que ces pourparlers se tiendront en terre algérienne, contrairement aux souhaits émis par le Président IBK qui avait annoncé aux maliens que ces négociations se tiendront sur le territoire malien…

En effet, le Ministre algérien des Affaires Étrangères, M. Ramtane Lamamra, a annoncé que la phase initiale du dialogue inclusif inter-malien sera lancée avec la médiation de l’Algérie, qui sera aidée dans cette tâche par l’ensemble des États et Organisations ayant pris part à la rencontre d’Alger en début de semaine. Bien entendu que cette rencontre qui se tiendra en terre algérienne avec le soutien de la Cdéao sera précédée par une feuille de route.

Il faut dire qu’il y a tout de même un bémol, car après la phase initiale les travaux de cette rencontre seront parachevés au Mali, comme l’a indiqué Monsieur Ramtane Lamamra : “Après la phase initiative, l’objectif est de parachever le dialogue sur le territoire malien, car il s’agit d’une question interne et le plus important est de parvenir à une solution politique de la crise malienne dans les plus brefs délais…”.