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Ecobank a procédé en août dernier à une opération de vente d’actions. Les acheteurs se sont précipités, mais quelle ne fut leur surprise de constater qu’Ecobank, à la clôture de l’offre, avait changé les règles du jeu.

Constituée en 1985, Ecobank Transnational Incorporated (ETI) est la maison mère du Groupe Ecobank, le principal groupe bancaire régional indépendant d’Afrique. Le Groupe Ecobank opère actuellement dans 26 pays africains.

Ecobank Transnational Incorporated (ETI) a procédé en août 2008 à une opération hybride de 2,5 milliards de dollars américains d’émission de droits préférentiels de souscription et d’offre de vente d’actions, simultanément sur les trois bourses d’Afrique de l’Ouest ; à savoir : la Bourse du Ghana, la Bourse du Nigeria et la Bourse régionale des valeurs mobilières régionales (BRVM) des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa).

Cette offre hybride est la première du genre, s’étendant sur trois marchés juridictionnels différents. Les commissions des trois bourses ont approuvé la note d’information, conformément à la réglementation des trois marchés.

A l’arrivée, ETI a levé sur les 3 marchés, 550 758 912, 82 USD. Le nombre d’actionnaires de la banque est passé de 9595 avant l’offre à plus de 140 000 après, puisqu’une grande partie du capital action a été collectée auprès des petits investisseurs africains.

Contentieux en vue ?

Justement, ce sont ces petits porteurs qui se sentent grugés aujourd’hui par la banque. En effet, l’offre publique de vente a couru sur près de trois mois et a même connu une prorogation. Ecobank, contre toute logique, a considéré le cours du dollar, non pas le jour de la souscription, comme cela avait été entendu, mais, au jour de la clôture de son offre.

Ainsi, des petits porteurs qui avaient souscrit pour 100 actions, au moment d’aller retirer, un mois après le bulletin, ont été surpris de constater, au finish, qu’ils avaient moins.

« La seule explication qu’on nous a servie, c’est que le dollar a fluctué entre-temps, ce qui a fait qu’ils ont considéré sa valeur à la date de clôture des offres. Premièrement, cela ne nous avait jamais été signifié. Deuxièmement, les offres ont été prorogées par la banque et troisièmement, cela ne nous concerne pas et nous ne pouvons pas en être victimes » , affirme un interlocuteur, qui ajoute qu’il ne va pas « en rester là ».


Alexis Kalambry

24 Avril 2009