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L’Office national des produits pétroliers (Onap) joue le double rôle de réservoir national de l’Etat en matière d’approvisionnement en hydrocarbures et de sentinelle pour assainir le secteur. Sa directrice générale, Mme Tapo Touga Nadio nous en parle.

A l’origine était Pétrostock qui s’occupait du stockage des produits pétroliers. Il a été remplacé à son tour par l’Office pour la régularisation et la stabilisation des prix (ORSP). Celui-ci a définitivement mis fin au système de péréquation des prix. L’Onap a ensuite vu le jour en 1992 à la suite des grandes reformes marco-économiques entreprises dans notre pays à la fin des années 1980 en vue de renforcer le secteur privé dans les opérations de commercialisation d’hydrocarbures.

La libération du secteur pétrolier a eu comme conséquences le retrait de l’Etat des activités commerciales, de distribution et de stockage des produits pétroliers. « Toutes les conditions ont été réunies pour que le privé s’implique davantage dans le développement du sous-secteur des produits pétroliers », a dit Mme Tapo Touga Nadio, DG de l’Onap. Et d’ajouter que notre pays compte 55 importateurs pétroliers et 4 multinationales.

L’Onap a pour mission essentielle de contribuer à la définition et la mise en œuvre de la politique d’approvisionnement du pays en produits pétroliers. Dans son rôle commercial, l’Onap est chargé de négocier les conditions d’achat avec les fournisseurs en Côte d’Ivoire, Sénégal, Bénin, Togo et le Ghana.

L’élaboration de la politique nationale du stock de sécurité est une autre mission dévolue à l’Onap. Selon sa directrice, il n’existe pas encore de stock de sécurité, mais la réflexion est engagée et un avis d’appel d’offres est en cours pour recruter un consultant qui va mener une étude de création de stock national de sécurité. « Cela va aboutir à la construction de nouveaux dépôts d’hydrocarbures dans la mesure où la capacité des dépôts existants est insuffisante », a ajouté Mme Tapo.

L’Onap est aussi chargé de la fixation des prix à la pompe. Ce travail s’effectue dans la Commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers. Elle est composée des représentants de l’administration générale (l’Onap, la direction des transports, la direction du commerce et de la concurrence, la douane, l’EDM, l’Ageroute et les impôts), des opérateurs pétroliers (représentants des deux groupements de pétroliers, la CCIM) et des consommateurs (Ascoma, Redecoma, Adac).

La commission se réunit chaque mois (vers le 10) pour analyser les prix fournisseurs à partir desquels les structures sont établies. Les prix adoptés font l’objet d’un arrêté du ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce qui assure la présidence de la Commission. L’Onap, chargé du secrétariat, en assure la diffusion par voie de presse.

La vérification des prix en collaboration avec la DNCC, le contrôle de qualité en rapport avec la direction nationale de la géologie et des mines (DNGM) à la pompe font partie des missions de l’Onap. « En cas de qualité non conforme ou de prix injuste pratiqué, l’Onap a le droit de sanctionner le contrevenant par l’application de pénalité ou le retrait d’agrément », a indiqué Mme Tapo selon qui, les prix adoptés par la Commission sont des prix plafonds qu’on ne peut augmenter mais qu’on peut diminuer.


Dans les méandres du prix à la pompe

La structure des prix à la pompe comprend un certain nombre d’éléments. M. Diall, chargé de la question à l’Onap, parle de plusieurs points qui entrent en ligne de compte.

Il s’agit, selon lui, des prix fournisseurs, des frais d’approche constitués des frais de passage au niveau des dépôts extérieurs, des frais de transport de la source à la frontière jusqu’à Bamako et de la localité de référence pour la détermination du prix à la pompe.

Le fonds de garantie, l’assurance, les frais de coulage, les frais de passage au dépôt sur le territoire malien et les frais d’inspection Bivac constituent d’autres éléments. Tous ces aspects cumulés donnent le prix sous-douane. Ensuite, intervient la fiscalité appliquée dans l’espace Uémoa.

Le prix sous-douane et la fiscalité permettent de dégager le prix TTC (toute taxe comprise). Il est ajouté au prix TTC la marge bénéficiaire des opérateurs qui est définie par produit pour ensuite afficher le prix à la pompe.

« Le système est fait de telle sorte que quelle que soit la source d’importation, le prix est uniforme sur l’ensemble du territoire national » , indique M. Diall.


Abdrahamane Dicko

14 Novembre 2008