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Nous avons en juillet 2011, tiré la sonnette d’alarme, suite à la nomination par le conseil des ministres de Amadou Boye Coulibaly comme PDG à la tête de l’Office du Niger, alors qu’il trainait des casseroles derrière (‘’Un ancien prisonnier à la tête de l’Office du Niger’’). Aujourd’hui, du fait d’une gestion patrimoniale, la deuxième grande entreprise du Mali frôle la cessation de paiement.

A l’office du Niger (ON), les procédures de gestion, au lieu d’être appliquées, sont volontairement contournées par le Président Directeur Général, Amadou Boye Coulibaly, malgré l’existence d’un manuel de procédure, élaboré par les soins de son prédécesseur et approuvé par le Conseil d’administration, selon nos sources proches de la direction. Selon ces sources des marchés d’entretien et de construction de bâtiment sont attribués par le PDG à des amis et des parents. Pour exemple, une entreprise de maintenance d’informatique appartenant au frère du PDG, qui s’est muée en entreprise de BTP (bâtiments et travaux publics) s’est vue attribuée les marchés d’entretiens périodiques des canaux à l’Office du Niger, selon nos sources. Ces marchés d’entretiens peuvent faire l’objet de vérification à l’ON. Une autre entreprise choisie sur la base de rapport personnel et non celle d’une gestion rigoureuse, s’est vue attribuée les travaux de curage de drains et n’a pas pu les honorer. Ainsi en plus de son frère, des marchés sont attribués à des amis du PDG, indiquent nos informateurs proches de la direction de l’ON. Certains de ces marchés sont surfacturés. Nos sources citent le marché d’installation d’une antenne Vsat-internet surfacturée à 30 millions de Fcfa, sur le projet Kfw-Siengo ; le groupe électrogène aussi surfacturé et réceptionné en l’absence de toute commission de réception.

A la date d’aujourd’hui, le caissier de Ndébougou serait en prison à Niono. Le montant qui lui est reproché, qui mérite vérification pourrait impliquer la hiérarchie (une affaire à suivre). La liste des marchés sombres n’est pas close, de nombreux travaux dans la zone de Molodo, la rive droite du distributeur de Koya ont été attribués par le PDG, sont en passe d’être payés sur des comptes Etat, au lieu de l’être sur la redevance. Ce qui dénote pour les connaisseurs, d’un détournement qui ne dit pas son nom.

A la tête de l’Office du Niger, il est également reproché au PDG Amadou Boye Coulibaly, le recrutement en catimini d’un nombre impressionnant de personnes sans la caution de la tutelle. La majorité de ces employés ne répondraient pas au profil du poste, et n’auraient pas la compétence nécessaire. Ce qui est de nature à augmenter inutilement les charges de l’entreprise qui est aujourd’hui presqu’en cessation de paiement. En plus de nouveaux véhicules et engins de travaux acquis seraient utilisés à des fins qui ne tiennent pas compte des besoins de l’entreprise et qui sont affectés à des services ignorés par le Comité de gestion de la direction.

Au risque de laisser une entreprise en cessation de paiement, les autorités de la transition doivent être assez vigilantes sur la gestion de l’Office du Niger, une entreprise équivalant au grenier, et qui mérite d’être vérifiée avant de passer le pouvoir à un régime élu.

La production agricole

Depuis plus d’un an, l’Office du Niger n’arrive plus à mettre en œuvre son programme d’entretien de réseau. La preuve, le faucardage a été suspendu en 2011-2012 pour tous les canaux dans toutes les zones sauf la zone de Ndébougou qui constitue le bastion du PDG. Ce qui a eu comme conséquences la mise à eau difficile des parcelles de riz, le retard dans le repiquage qui a continué jusqu’en fin septembre. L’épandage de l’urée aussi n’est intervenu qu’en fin septembre. En sommes toutes les opérations culturales ont été en retard avec une conséquence drastique sur les rendements de production, la majorité des producteurs de l’Office du Niger ne dépassant pas 20 sacs à l’ha, au moment où le PDG dans une logique de saupoudrage, à l’instar du système qui l’a porté, essaie de faire avaler par les Maliens que les rendements sont de 9 à 10 tonnes à l’ha. Le département de tutelle reste –t-il attentif à ce qui se passe à l’Office du Niger ? Le PDG qui est prompt dans les affirmations péremptoires, arrive difficilement à faire avaler la couleuvre à l’auditoire chaque fois qu’il s’est agi de les justifier. Ses adversaires ne manquent pas d’occasion pour rappeler qu’il a séché quand il intervenait devant une mission ministérielle à Niono, et qu’il n’a convaincu personne lors d’une rencontre au département.

De nombreux cadres du département de l’agriculture ne tarissent pas d’éloges pour l’actuel ministre Baba Berthé qui a rompu avec la tradition en se rendant à Kayes, (parent abandonné des ministres de l’agriculture) plutôt qu’à Ségou (ON). « Baba Berthé qui est un juriste averti a déjoué cette approche en se rendant à Kayes au lieu de suivre le circuit fétiche de ses prédécesseurs [Ségou en zone Office du Niger]… Le peuple malien doit savoir que les chiffres avancés par le grand grenier de notre pays doivent être vérifiés, et le département est fortement interpellé pour se faire, car la crise alimentaire pourrait pointer à l’horizon, dans la zone Office du Niger », a témoigné en off, un cadre du département.

Le PDG apparemment n’a pas abandonné les vieilles habitudes et Le Républicain avait écrit dans sa parution du 11 juillet 2011(lire notre article en encadré)

B. Daou

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Un ancien prisonnier à la tête de l’Office du Niger

C’est un ancien prisonnier que le Conseil des Ministres du mercredi 6 juillet 2011 a nommé à la tête de la deuxième plus grande entreprise du pays : l’Office du Niger. Même si le nouveau PDG, Amadou Boye Coulibaly, a bien été acquitté lors de son procès en 2010 pour atteinte aux biens publics.

L’ingénieur d’agriculture et de génie rural a été bombardé Pdg de l’Office du Niger, à l’issue d’un Conseil de ministres qui, il a y seulement trois mois, coupait le sommeil aux cadres par les limogeages massifs et le discours d’intégrité qui les accompagnait. Amadou Boye Coulibaly remplace désormais Kassoum Denon pourtant nouveau à ce poste…Rappel : en 2007, un vérificateur sème la panique à l’Office du Niger qu’il contrôlait alors. Il découvre des infractions multiples (détournements, surfacturations, faux) et comme la loi l’y autorise, il porte plainte et obtient l’inculpation, pour atteinte aux biens publics de quatre directeurs de zones. Avec des comptables et des gestionnaires, ces directeurs de zone seront incarcérés. Le tout nouveau Pdg en faisait partie en qualité de directeur de Zone de Ndébougou. Le motif était précis contre lui : présomption de détournement de 105 millions Cfa. Jugement en 2009 puis acquittement en 2010. Dans le même lot que les trois autres directeurs de zone. Le DAF, le comptable et le caissier, eux étaient encore en prison au moment de la nomination de Amadou Boye Coulibaly qui sait se tirer de ce genre d’affaires, sont présentement en liberté provisoire, le dossier non bouclé. Selon des sources proches de l’administration, il leur est reproché le détournement de 684 millions 359 000 Fcfa, dont 114 millions 180 000 Fcfa pour Ndébougou, dont la situation n’est pas encore clarifiée. Comment avec de telles casseroles et ses volets de bons disparus et endossés par le caissier, un tel cadre peut-il diriger une entreprise aussi stratégique pour la sécurité alimentaire de notre pays ?

En 1987, alors membre influent de l’Udpm à Ségou, il est arrêté, avec d’autres pour vol « d’intrants, de matériel et de riz ». Le Directeur intérimaire de l’Office du Niger de l’époque, Issa Traoré, le conduit à la Police. Les barons du parti unique de la cité des Balanzans se battent pour l’extraire des locaux du Commissariat et étouffer l’affaire. Amadou Coulibaly a une bonne réputation de mobilisateur de foules. Il est un des piliers ségoviens du Pdes.

Le Républicain du 26 Février 2013