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Le directeur général adjoint de l’Office de protection des végétaux (OPV), Ali Gado Touré, nous a entretenu sur les missions de sa structure, qui a en charge la prévention des risques phytosanitaires émanant des ravageurs des cultures, la prise de mesures appropriées destinées à les juguler et la mobilisation des moyens.

L’économie de notre pays repose en grande partie sur le secteur agricole. Ce secteur occupe près de 75 % de la population active ; contribue pour 43 % à la formation du produit Intérieur Brut (PIB) et fournit 30 % des recettes d’exportation.

Il est, de ce point de vue, un levier essentiel de la croissance économique du pays. Toutefois, ce secteur est tributaire de nombreuses contraintes, allant, entre autres, des aléas climatiques aux ravageurs des cultures, qui entravent ses performances.

La production céréalière, qui représente la base de la consommation alimentaire, subit d’une année à l’autre des pertes considérables par le fait d’attaques perpétrées par des ravageurs de tous ordres (insectes nuisibles, oiseaux granivores, rongeurs, adventices, maladies…)

C’est pour faire face à ces contraintes phytosanitaires qui ont une incidence négative sur l’agriculture et donc sur l’économie, que l’Office de protection des végétaux a été créé en 2005 suivant la Loi n°05-011 du 11 février 2005, avec pour mission d’assurer la mise en œuvre de la politique nationale en matière de protection des végétaux.

Cet acte témoigne, selon le directeur général adjoint de l’Office, Ali Gado Touré, de la volonté des hautes autorités de placer la question de la sauvegarde de notre agriculture au centre de leurs préoccupations. L’OPV, de ce point de vue, se positionne comme un instrument stratégique de la politique de promotion de l’agriculture et de recherche de la sécurité alimentaire.

« En effet, ses actions se réfèrent sur les ambitions du CSLP-II, qui sont la réduction de la pauvreté grâce à l’accélération de la croissance de l’économie nationale en lui imprimant un taux de croissance annuel de 7 % et l’amélioration du bien-être des populations ».

C’est ainsi que l’OPV mène en plus de ses missions classiques de surveillance et de lutte contre les ravageurs des cultures sur toute l’étendue du territoire, des actions qui concourent à l’accroissement du revenu des producteurs et à la lutte contre la pauvreté, grâce à l’amélioration de la qualité marchande et de la compétitivité des produits agricoles.

Cette facette de la mission de l’OPV, ajoute le directeur adjoint, se réalise à travers des activités de formation, d’information et d’appui conseil aux producteurs, afin de les amener à produire sain pour mieux vendre, grâce à l’application des bonnes pratiques agricoles permettant aux producteurs : de proposer aux consommateurs des produits sains pour leur santé, de rendre leur produits conformes aux normes exigées pour le commerce international et donc de vendre mieux et de faire du profit ;

de poser des actes appropriés pour une agriculture productive, durable et respectueuse de l’environnement, conformément aux orientations de Loi d’orientation agricole (LOA).

L’action de vulgarisation menée par l’OPV se réalise à travers une approche méthodologique appelée GIPD/CEP (Gestion intégrée des productions et des déprédateurs à travers les champs écoles paysans).

Pour assurer sa mission de défense des cultures, souligne M. Touré, l’OPV privilégie la prévention, basée sur une approche participative de la gestion des problèmes phytosanitaires, au niveau individuel, collectif et national.

Ainsi, les problèmes phytosanitaires de nature calamiteuse comme les invasions d’oiseaux granivores, de criquets pèlerins, les grandes explosions de sautereaux… sont pris en charge par les équipes spécialisées de l’OPV, tandis que les situations phytosanitaires courantes sont à la charge des producteurs (lutte de proximité).

Cette stratégie, a ajoute-t-il, s’appuie sur les activités de surveillance, qui permettent de détecter à temps les situations dangereuses avant qu’elles ne dégénèrent en fléaux et de prendre les mesures appropriées à temps opportun.

Pour une surveillance complète et la lutte de proximité, l’OPV s’appuie sur l’encadrement des structures décentralisées de la direction nationale de l’agriculture (DRA, ODR, ONG et autres projets et programmes intervenant dans le cadre du développement du monde rural) ainsi que sur les brigades villageoises de protection des végétaux, qui sont des organisations formées pour assurer la surveillance et la lutte au niveau du terroir.


Amadou Sidibé

16 Mai 2008