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La situation politique est très controversée depuis la fin des élections générales de 2008. En effet, c’est l’Adéma qui aura donnélke ton en affichant d’emblée sa détermination à reconquérir le pouvoir politique avant même les scrutins de 2007.

Pour cette raison, les ténors de ce parti, qui ont réitéré aux cadres et militants que leur conviction est qu’un parti se crée toujours pour conquérir le pouvoir, avaient déjà entamé des offensives sur le terrain pour rassurer les uns et les autres que le parti est loin de renoncer au pouvoir en soutenant le président Amadou Toumani Touré afin que celui-ci brigue un second mandat.

Consécutivement à ces déclarations, ce fut le branle bas au sein de la classe politique. Entre-temps, il y a eu beaucoup de remue-ménage à travers des démissions çà et là, au profit du parti de l’Abeille Solitaire. Ces mouvements ne manqueront de susciter de la mobilisation à tous les niveaux au sein de la classe politique.


Le réveil du RPM

Ainsi, les partis dont les leaders croient encore à leur chance dans les élections à venir, singulièrement les présidentielles de 2012, ont emboîté le pas à l’Adéma Ce fut d’abord l’URD, un parti dont on peut dire que l’implantation a réussi, puisqu’à l’issue des élections législatives de 2007, l’URD s’est classé deuxième force politique à l’Assemblée Nationale.

Pendant longtemps, on se demandait ce qui advenait du RPM, un parti en perte de vitesse duquel ont été crées trois autres, même s’il ne s’agit pas pour le moment, de partis de grande envergure. Leurs fondateurs ont besoin de faire leur preuve en démontrant leur capacité de rassemblement.

Mais, quoi qu’on dise, ces départs ont été fortement ressentis par le RPM avant même que ces cadres et militants ne se décident à créer leurs partis. Alors, les tnors du RPM, ayant compris que la direction du vent qui soufflait ne leur était pas favorable, furent contraints d’occuper à leur tour le terrain.

Si on disait que l’Adéma et l’URD ravissait la vedette au RPM, les tendances sont en train de se renverser, puisque pendant que les ténors de l’Adéma et de l’URD prennent du recul par rapport à l’occupation du terrain, ce sont les responsables du RPM qui sont, depuis un bon moment, à l’assaut des électeurs dans plusieurs localités du pays.

Des avancées

Cela fait un bon moment que les cadres et militants convaincus du RPM sont descendus sur le terrain ; continuant les prises de contacts, ils sont sans doute parmi les cadres et militants qui font preuve de dynamisme avéré sur le terrain aujourd’hui dans le cadre de l’animation de la vie politique.

En effet, les sorties des cadres et militants du RPM se poursuivent, au point que si l’on se mettait à énumérer les localités sillonnées, on en oublie. Cela est la preuve de la détermination des ténors du RPM à ne pas se laisser faire dans un environnement où les choses deviennent de plus en plus difficiles, en raison des instabilités qui caractérisent les cadres et militants des partis.


Le RPM se renforce

Fidèles leur stratégie, les responsables du RPM sont en train de ratisser large dans certaines localités du pays. La dernière adhésion en date est celle de cadres et militants de l’URD qui, avec armes et bagages, ont décidé en grand nombre, de déménager au RPM à Kita. Cela pourrait être considéré comme une revanche du RPM qui aura perdu beaucoup de cadres, voire de militants ces derniers mois.

Le parti va-t-il pouvoir combler le vide laissé par les departs qu’il a enregistrés jusqu’ici? Ces probabilités sont bien maigres. Aujourd’hui, on a l’impression que les ténors du parti du Tisserand ont pris conscience de la menace qui plane au dessus de leurs têtes.

Préserver ce qui peut l’être

En tout cas, il n’est pas question pour le parti d’occuper encore une position dominante au sein de l’échiquier politique national, mais ses ténors sont animés par le souci de préserver ce qui peut l’être afin de ne pas disparaitre un jour de l’échiquier politique national. Cela serait même scandaleux pour un parti qui comptait parmi les mieux implantés sur l’ensemble du territoire national.

En fait, ce sont les ténors du parti qui l’ont précipité dans le gouffre à travers des attitudes et réactions qui ne s’adaptent pas aux réalités du pays. Ainsi, ont-ils péché par la stratégie politique tendant systématiquement à vilipender le pouvoir au nom de leur appartenance à l’opposition plutôt qu’à convaincre la grande masse électorale du bien fondé de leurs propos et option.

Les ténors du parti poursuivront sans doute les offensives en espérant qu’ils auront l’opportunité de relever les défis futurs. Mais il faudra qu’ils travaillent davantage à cela. Le chemin est long et la tache est loin d’être facile. Donc il leur faudra davantage d’énergie mais aussi de moyens pour l’atteinte de leurs objectifs.

Moussa SOW

11 Aout 2008