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Dans une interview qu’il nous a accordée il y a quelques mois, le gouverneur du district de Bamako affirmait que les « espaces illégalement occupés seront libérés ». L’affirmation s’est concrétisée par la libération progressive des voies publiques à Bamako. C’est le même engagement qui anime l’administrateur civil, mais cette fois-ci au niveau des parcelles anarchiquement occupées.
Constatant que le phénomène va grandissant à Bamako, le gouverneur, avec le concours des autres autorités compétentes, a voulu mettre fin au « désordre » pour que prime l’autorité de l’Etat non seulement sur ses domaines mais aussi sur la procédure d’attribution. Ce qui est d’autant plus important que dans beaucoup de localités y compris la capitale, des citoyens, se fiant aux attributions de chefs coutumiers et autres pratiques ancestrales, construisent sur des lots sans pourtant chercher à obtenir un titre d’occupation des autorités (mairie, gouvernorat, conseil des ministres).

En se rendant à Sogonafing et à Koulouba en Commune III pour marquer le lancement officiel de l’opération de destruction des domaines sans l’autorisation de l’Etat, qui devra s’étendre aux autres communes de Bamako et par la suite à l’intérieur du pays, le gouverneur et sa suite ont souhaité adresser un message fort aux contrevenants des deux quartiers et du Mali entier. Surtout que cette visite faisait suite à une tournée de sensibilisation en février dernier du gouverneur et du maire Adama Sangaré pour l’arrêt des constructions illicites.

Face aux responsables locaux et aux représentants des populations sur place, Ibrahim Féfé Koné a levé toute équivoque quant au respect scrupuleux de la loi et de la primauté de l’Etat sur ses parcelles.

Droit au but

« Dans ces deux jours, nous démolirons les maisons illicites, car leurs occupants n’ont aucun papier attestant d’un droit quelconque sur les lieux. Ils sont là depuis longtemps et ils ne se sont pas manifestés auprès des services compétents pour se conformer aux textes en matière domaniale. Il est temps que l’Etat agisse pour mettre fin à ça », a expliqué le gouverneur.

Pour le cas de Sogonafing et de Koulouba, M. Koné dira qu’il est inadmissible que des citoyens construisent au nez et à la barbe du mur de clôture du palais présidentiel. Une chose qui constitue une « menace » sécuritaire pour l’habitat du président de la République et des populations. Selon les instructions du gouverneur, l’opération de démolition concernera les habitations se situant à moins de 25 mètres du palais. Et environ 30 maisons seraient concernées.

Des idées renforcées par le maire de la Commune III, Abdel Kader Sidibé et le directeur régional de l’urbanisme du district de Bamako, Cheick Sidya dit Kalifa Sissoko. Ceux-ci ont insisté sur le fait que l’opération entre dans le cadre du respect de la loi et dans l’intérêt des habitants, qui pourraient par la suite bénéficier du lotissement, une source d’électrification des zones concernées et de leur ravitaillement en eau potable.
Si à Sogonafing, les échanges ont été en quelque sorte houleux avec des incompréhensions, à Koulouba, l’information a vite passé et a facilement obtenu l’adhésion des chefs coutumiers.

Cependant, les résidents des deux localités ont manifesté à l’unanimité leur volonté de se conformer aux règles en vigueur et d’accompagner les autorités pour cette opération de normalisation. Toutefois, ils ont sollicité et obtenu du gouverneur, le décalage du démarrage de l’opération à la semaine prochaine pour permettre aux déguerpis de prendre les dispositions requises. D’ici là, mandat a été donné aux services de l’urbanisme de faire des croix sur les habitations en question.

Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)

08 mai 2008