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Une mesure gouvernementale prise avec le gouvernorat du district ordonne la libération du domaine public dans le district de Bamako. Hier, au sortir d’une réunion, la mairie de la Commune IV a privilégié la voie de la sensibilisation avant d’engager l’opération coup de poing dans deux semaines.

Le maire Issa Guindo et certains de ses adjoints ont pris langue hier avec les chefs de quartier, les notabilités, les chefs religieux et représentants des détaillants et artisans pour échanger sur la procédure de déguerpissement du domaine public.

Selon le maire Guindo, la mesure a été prise conjointement par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales et celui de la Sécurité intérieure et de la Protection civile de concert avec le gouverneur du district.

A l’en croire, la libération du domaine public concerne les six communes du district et vise à décongestionner les voies et les abords du grand marché et rendre la capitale plus attrayante.

Le maire a initié cette rencontre, qui s’inscrit dans une démarche pédagogique mettant en avant la sensibilisation plutôt que l’épreuve de force. En Commune IV, trois voies sont concernées.

Ce sont les deux côtés de la route qui va du monument de la colombe en passant par Djicoroni Para jusqu’au 9 e arrondissement (Sébénicoro). Celle qui va du monument de la colombe et qui passe par l’avenue Kwame Krhumah et aboutit au monument de l’éléphant (Hamdallaye).

Enfin la troisième voie concerne le côté gauche de l’avenue Cheich Zayed situé entre le monument de l’éléphant et qui se termine au pont de Woyanko.

M. Bah, une notabilité de la commune a cherché à élucider la clause des autorisations accordées par la mairie aux occupants des trottoirs, qui pourraient être un frein à l’opération.

Le maire Guindo a répondu, que « toute autorisation délivrée par la mairie pour ce genre d’occupation a un caractère provisoire. Le détenteur est même invité à ne pas utiliser de matériaux lourds parce qu’il peut être déguerpi à tout moment sans préjudice de poursuites ».


Sensibilisation

Cette réponse du maire était aussi destinée au représentant de la chambre des métiers de la Commune IV, Mamadou Diawara, qui demandait si les déguerpis seront recasés.

Son camarade Amadou Maïga du groupement des commerçants détaillants de la Commune IV a demandé, quant à lui, un sursis de trois semaines dans l’application de la décision.

Son inquiétude était, que des gens ont réalisé des investissements colossaux, qu’il n’est pas facile de démonter rapidement.

Trois semaines de délai ont été jugées trop longues par la réunion. Aux dires du maire, il envisageait de passer aux actes dans une semaine au plus tard.

Un sursis de deux semaines a été accordé à ceux qui ne se seraient pas soumis volontiers à la démolition. La mairie veut surtout que les occupants procèdent à « l’auto-démolition » de leurs kiosques, sans friction avec les forces de l’ordre.

Pour les besoins de la cause, l’opération de démolition des kiosques a été fixée au 7 mars 2008 sur toute l’étendue de la commune.

Mais auparavant, la réunion a décidé d’entamer dès hier une vaste campagne de sensibilisation par voie de presse. Une commission mise sur place entre ce matin dans la danse.

Son travail consiste à approcher individuellement les principaux concernés pour leur expliquer de porte en porte le sens de l’opération.

Abdrahamane Dicko

27 février 2008.