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Le Réseau d’appui au processus électoral au Mali (APEM) a publié hier mercredi 2 mai 2007, au Mémorial Modibo Kéïta, au cours d’un point de presse, son rapport d’observation de la présidentielle du dimanche. Les observateurs du réseau qui ont couvert l’ensemble du territoire national signalent que le scrutin s’est déroulé dans un climat serein et sans incidents majeurs. Ils ont néanmoins constaté des irrégularités mineures dans 15,13 % des bureaux de vote visités.

La conférence de presse était animée par le président du Réseau APEM, Ibrahima Sangho, sa secrétaire exécutive, Mme Kéïta Djénéba Karabenta, le trésorier général, Ladji Samaké et d’autres membres en présence des observateurs de la francophonie.

Le Réseau APEM qui compte aujourd’hui 49 organisations de la société civile œuvre depuis 1997 à la supervision des opérations électorales au Mali. Pour le scrutin présidentiel du dimanche 29 avril, il avait déployé sur le terrain 243 observateurs nationaux non partisans dans les huit régions, le district de Bamako, les cercles, les grandes agglomérations, les communes, villages et hameaux afin d’observer et de rendre compte du déroulement des opérations électorales.

Ces observateurs nationaux se sont rendus dans 2 430 bureaux de vote soit 12,84 % des 18 918 bureaux que comptait l’ensemble du pays.
Le rapport présenté à la presse par Dramane Diarra de l’APEM avait mis l’accent sur certains points: l’évaluation générale, l’heure d’ouverture des bureaux de vote, les matériels et documents électoraux, le personnel, le respect des dispositions du vote, son secret, la représentation des candidats en lice, les perturbations et irrégularités relevées, les cas de fraudes et actes de corruption ou d’intimidation dans les bureaux.

Si les observateurs du Réseau APEM, à l’image des autres observateurs, ont constaté un faible taux de participation, il ressort de leur rapport qu’ils n’ont pas constaté d’irrégularités dans 84, 69 % des bureaux visités, par contre des irrégularités mineures – qui ne sont pas de nature à affecter la sincérité du scrutin- ont été constatées dans 15,13 % des bureaux visités.

M. Diarra de conclure alors que « le Réseau APEM a observé une amélioration notable dans l’organisation matérielle du scrutin. Le matériel électoral était disponible et fonctionnel dans la majorité des bureaux visités, le personnel électoral était lettré. Le scrutin s’est, d’une manière générale, déroulé conformément aux dispositions énoncées dans la loi électorale « .

Cependant, les observateurs de l’APEM ont constaté sur le terrain certaines entorses graves à la sincérité du scrutin : l’exigence de la pièce d’identité, en plus de la carte d’électeur, n’a pas été systématique, le faible niveau de formation des agents électoraux, des présidents ayant démarré les opérations de vote avec un seul assesseur, le comportement partisan du président du bureau de vote n°3 à Saréïkeïna à Tombouctou faisant voter des petites filles qui n’ont pas l’âge requis sans exiger de pièce d’identité ou autres pièces justificatives. A Koulikoro, les observateurs du Réseau APEM font cas d’utilisation abusive des procurations, la forte présence des présidents de bureaux de vote naïfs à Kayes.

En tout cas, le Réseau APEM, fort de ces constats, a suggéré des autorités la suppression de la disposition électorale permettant à un électeur de voter avec deux témoignages, laquelle formule a causé beaucoup de perturbations devant les bureaux de vote et a été source de fraude. Pour le faible taux de participation, le Réseau a invité les partis politiques à redoubler d’efforts dans la sensibilisation des électeurs, recommande une inscription volontaire sur la liste électorale, la numérotation du bulletin de vote, et l’impression des cartes d’électeurs avec la photo du propriétaire.

Youssouf CAMARA

03 mai 2007.