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L’un des plus grands gardiens de but et certainement le plus grand entraîneur national que le Mali ait connus, Mamadou Kéita Capi, qui a tiré sa révérence le mercredi dernier, a bénéficié des obsèques dignes de son rang, le jeudi 10 avril, en présence du chef de l’Etat. Il a été accompagné à sa dernière demeure par une fouleuse nombreuse d’amis, de connaissances, d’anciens camarades d’équipe et plusieurs éléments de la dernière équipe (Stade malien) qu’il a coachée en août dernier en Espagne, lors du championnat du monde des clubs cadets qui s’est déroulé à Ciudad Real, en Espagne.

La nation malienne ne pouvait avoir meilleur endroit que le Stade Modibo Kéïta pour rendre hommage à celui qui fut jusqu’ici le meilleur entraîneur des Aigles de nationalité malienne. Les raisons sont toutes simples : les rues du quartier de Missira ne pouvaient contenir la foule qui a fait le déplacement.

Mais surtout, le stade Modibo Kéïta est à coup sûr le « milieu naturel » de cet homme caractériel qui a forcé toutes les admirations aussi bien dans sa carrière de joueur (gardien et capitaine du Stade malien et des Aigles du Mali) qu’étant entraîneur.

Les obsèques se sont déroulées en présence du chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré, qui est du reste un promotionnaire d’école du défunt. Les deux hommes sont de la 1ère promotion de l’Ecole normale secondaire de Badalabougou. De nombreuses personnalités de la République et du monde sportif étaient présentes.

Au nombre de celles-ci, on peut citer le Premier ministre Modibo Sidibé, les anciens Premiers ministres, Ousmane Issoufi Maïga et Ibrahim Boubacar Kéïta, le ministre de la jeunesse et des sports Hamane Niang et des anciens ministres des sports dont Moussa Balla Diakité et Me Boubacar Karamoko Coulibaly. Des membres du gouvernement, des responsables politiques, des dirigeants sportifs, des footballeurs et de nombreux supporters étaient également présents.

Le stade Modibo Kéïta a donc vécu ce jeudi 10 avril là un événement inhabituel qui marquera encore les esprits. Il s’agissait pour le peuple malien de faire un devoir de mémoire à l’un de ses plus valeureux sportifs qui a marqué le football malien de son empreinte.

Toutes choses qui lui ont fait mériter la plus haute distinction honorifique, Commandeur de l’Ordre National. L’oraison funèbre a été prononcée par l’un des fidèles parmi ses fidèles, l’ancien ministre des sports, Me Boubacar Karamoko Coulibaly.

C’est après cet hommage de la nation que celui qui nous a quittés à l’âge de 61 ans, avec 5 enfants, a été accompagné à sa dernière demeure, au cimetière de Niaréla. Il a été porté par des joueurs de l’équipe cadette du Stade malien qui a participé à un tournoi mondial de leur catégorie en Août. Cette équipe constitue la dernière qu’il a entraînée, car en fait, Capi était déjà malade et fatigué quand il a accepté de conduire les gosses.

De retour d’Espagne, sa situation n’a fait qu’empirer. Le voyage qu’il effectue en Tunisie quelque mois plus tard a seulement confirmé que ce mal devait avoir raison de sa combativité et de sa rage de vaincre. Il n’a cessé de fondre et les os ne tenaient plus, ses déplacements sont devenus de plus en plus pénibles.

Admis à l’hôpital du point G, les rumeurs de son décès ont très souvent circulé. Il était dit que ce mercredi 9 avril 2008 allait livrer « l’arrêt définitif » de Mamadou Kéïta. Et pourtant, il a résisté pendant près de deux ans donnant par moment de réels espoirs comme à son retour du Sénégal.

Au retour de ce pays voisin, il a pu nous confier : « Avant d’aller au Sénégal, j’avais 30 Kg et je vomissais toutes les 5 minutes. Maintenant dieu merci ». La mort semblait reculer pour mieux sauter. Le grand baobab est finalement tombé au grand regret d’un monde sportif qui avait plus que jamais besoin de son expertise.

Souleymane Diallo

14 avril 2008.