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Monsieur le Président de la République, je commence par vous féliciter de votre brillante élection à la magistrature suprême de notre pays. Ce pays si cher à chacun de nous ;

Je mesure à sa juste valeur l’immensité de la tâche qui vous attend ;
Gérer un pays pauvre comme le notre n’est jamais facile ;
Un pays où tout est prioritaire, où la demande sociale est trop forte ;
Le pays moins nanti en ressources naturelles;

Mais il faut faire avec ;

Que j’ai pitié de vous ;

Le destin de Maliba est entre vos mains désormais à partir du 04 septembre prochain;

Ne doutez pas un instant, son excellence, que vous avez la bénédiction de l’ensemble des Maliens ;

Votre réussite est aussi notre réussite ;

Votre échec est aussi le nôtre ;

L’espoir placé en vous est énorme ;

Vous n’avez pas droit à l’échec;

Le peuple dit non au fameux consensus ;

Monsieur le Président, je sais que vous m’attendez ;

Attention à ces hommes politiques et à ces opérateurs économiques frivoles !

Nous sommes tous dans un même bateau dont vous êtes le Capitaine ;
Le peuple vous regarde Monsieur le président de la République ;
Vos compatriotes sont impatients des réformes que vous comptez apporter à leur quotidien. Chaque Malien de ville comme de campagne, de l’intérieur comme de l’extérieur, s’attend à une amélioration de ses conditions de vie.

Les plus nombreux sont sans nul doute les jeunes diplômés sans emploi ; Ces jeunes en quête d’emploi, grattent ciel et terre pour se forcer un destin ; Do
nner un sens à leur avenir, créer un foyer ; Qu’ils sont des milliers.
Les travailleurs maliens sont lésés, qu’ils soient étatiques ou privés ;
Ils ne perçoivent que des indemnités au lieu de salaire ;
L’Untm et la Cstm n’attendent que votre investiture pour poser des doléances ; Les responsables syndicaux sont acculés par leurs militants ;
Ces derniers s’attendent évidemment à une amélioration de leur condition de vie ;

Nul besoin de rappeler que le salarié malien a l’une des rémunérations les plus faibles en Afrique. A commencer par les domestiques, les aides ménagères et autres ; Comment pourrez-vous lutter réellement et efficacement contre la corruption et la délinquance financière si le travailleur touche un salaire dérisoire ? Si en même temps, le juge lui-même chargé d’appliquer la loi songe à arrondir la fin du mois ; quelle peine perdue ;

Monsieur le Président, ce sont toutes ces considérations qui entrent en ligne de compte dans l’atteinte de vos objectifs.
Le secteur privé souffre beaucoup. Considéré comme le moteur de l’économie, il a de la peine à décoller. A ce niveau les attentes sont aussi grandes ;

Les jeunes ménagères ont les cheveux blancs de nos jours, les prix de produits de première nécessité et surtout les condiments ont grimpé plus que jamais.

La santé et l’éducation sont mal en point ; le système éducatif souffre le plus ; L’école publique n’attire plus et ne regorge que d’enfants de pauvres. Il est plus que jamais urgent d’assainir le milieu de l’école privé qui est devenu simplement un fonds de commerce.

Le système sanitaire mérite d’être renforcé ; le Malien souhaite se soigner convenablement au Mali ; plus besoin d’aller se soigner au Maroc ou en Tunisie ; il nous faut un plateau technique adéquat avec un personnel qualifié.

La question sécuritaire est plus que préoccupante : régler le problème du nord mais aussi créer la bonne entente entre les frères d’armes.
Comme pour Monsieur le Président, que dire sinon que la fonction présidentielle est loin d’être une partie de sinécure.
Le monde paysan s’attend à une vraie mécanisation de l’agriculture ; que la houe et la charrue laissent la place aux tracteurs et d’autres instruments modernes ; que les intrants agricoles subventionnés par l’Etat ne soient plus revendus sur le marché noir.

Pendant tout ce temps, des apostats vous entourent et sont champions de la médisance ; excusez moi monsieur le Président, des vautours trainent autour de vous ; ils sentent déjà la charogne ; ils ont un odorat extraordinaire ; nul besoin d’attirer votre attention qu’ils sont nombreux et sont de tout les bords politiques et dans tous les secteurs d’activité ; ils sont même dans votre entourage ;

Monsieur le Président, je sais que vous me comprenez !
Le choix des hommes s’avère l’élément déterminant de votre réussite.
Voyez-vous, Monsieur le Président, la fonction présidentielle est exaltante.

Votre indépendance est plus que jamais menacée avec des gens sans vergogne, ni dignité, ni personnalité qui rodent autour de vous depuis les résultats du premier tour et bien avant. Ces prédateurs, pensant avoir contribué à votre victoire s’attendent au partage du ‘’gâteau’’;
IBK, la meilleure manière d’assurer votre indépendance est le devoir d’ingratitude envers tous ceux qui vous ont élu, seul compte le Mali ! Le Mali d’abord ! Que Dieu vous protège !
Le plus dur vient de commencer.
Qu’Allah vous protège !

Diadie Ibrahim

Le Prétoire du 22 Août 2013