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Sans garantie de résultat. Aujourd’hui, les quatre scanners mobiles qui sont implantés à Sikasso, Koury, Kayes et bientôt à Bamako, permettent d’éviter cette perte de temps.

Les progrès sont considérables grâce à cette technologie de pointe, qui apparaît comme une alternative aux fouilles manuelles et à toutes autres interventions réalisées dans le cadre du contrôle douanier. En un laps de temps très court, les services de contrôle peuvent s’assurer que les véhicules ne transportent pas de produits prohibés ou que les importateurs ne fraudent pas.

Le gain en temps est considérable et important aussi pour les importateurs qui ne voient plus leurs véhicules immobilisés longtemps dans des files kilométriques devant des postes de contrôle.

Les quatre scanners mobiles permettent de réaliser des radioscopies de camions et de containers. Cela accroît l’efficacité des forces de sécurité dans la lutte contre la circulation des stupéfiants et les armes. Il y a aussi que les pertes de recettes liées aux fosses déclarations de transit, sont considérablement diminuées.

Les scanners mobiles sont des camions conçus et équipés pour une utilisation itinérante en appui des brigades des douanes. Leur mise en œuvre implique un grand professionnalisme des agents des douanes qui sont appuyés sur le terrain par des techniciens engagés par Bivac Mali qui en assure l’exploitation. Le précieux équipement est très fragile. C’est pourquoi il a nécessité la mise en place du dispositif d’un périmètre de sécurité interdit d’accès aux usagers pendant les opérations de scanographie et d’analyse des images. Les scanners mobiles peuvent être utilisés à la frontière terrestre, dans les ports et les aéroports, ou de manière inopinée, sur les grands axes routiers et les plates-formes routières.

Selon les spécialistes de Bivac-Mali, ils répondent à trois axes prioritaires de lutte contre la fraude à savoir la recherche des stupéfiants, notamment la résine de cannabis, les contrefaçons et les tabacs de contrebande. Toutes les cargaisons circulant sur les grands axes routiers et autoroutiers sont donc susceptibles d’être contrôlés au moyen de ces appareils de détection. Ainsi, la moindre cigarette peut être détectée, tout comme les contrefaçons et les chemises par exemple. Un écart de densité entre deux colis et le doute s’installe…

Couleur haute définition. A quoi consiste donc le procédé ? Concrètement, il s’agit d’un enregistrement tranche par tranche des rayons X qui traversent le véhicule.

Un système informatique assemble ensuite les informations pour produire une image en couleur haute définition qui sera finalement interprétée par les techniciens de Bivac sur place. C’est ce document qui sera envoyé par colis fermé au service de douane auquel la cargaison est destinée. Par exemple, le camion en provenance de Lomé destiné au bureau de dédouanement de Faladié principal est scanné à Sikasso.

Au cours de la cérémonie d’inauguration du premier scanner à Sikasso, en début d’année, le ministre des Finances Abou Bakar Traoré a indiqué que la maîtrise de la valeur en douane lui paraît nécessaire et même vitale pour assurer l’accroissement des recettes douanières, dont la part est très importante dans le budget d’un pays en développement, comme le nôtre.

« De même, les effets collatéraux de la fluidité des échanges notamment les commerces illicites portant sur les stupéfiants, les armes et munitions, les explosifs, les matières radioactives doivent-ils être combattus sans entraver le commerce« , a insisté le ministre Traoré qui a engagé la direction générale des Douanes à bien entretenir les équipements. Presqu’un an après, l’on peut dire que les gabelous ont tenu leur promesse.

En effet, lors du passage du directeur des Douanes, Amadou Togola dans la capitale du Kénédougou, il y a moins d’un mois, les installations sont toutes fonctionnelles.

Le colonel Togola a d’ailleurs loué les avantages de cette technologie qui place notre pays en tête de peloton des Douanes les plus numérisées de l’Afrique. « Presque la totalité de nos importations sont scannées à l’exception du trafic ferroviaire. Il est prévu bientôt l’installation d’un scanner à ce niveau », a indiqué fièrement le patron de la douane.
Les avantages du scanning des conteneurs et des camions sont très nombreux.

Il permet non seulement de faire respecter les normes internationales de sécurisation des points d’entrée du territoire par des technologies de détection de pointe, mais aussi une meilleure fluidité du trafic des marchandises par un contrôle plus rapide et plus rigoureux. Parmi ses bienfaits, il faut noter l’amélioration de la perception et du recouvrement des droits et taxes au cordon douanier par un meilleur contrôle de conformité du manifeste de cargaisons et une grande maîtrise de la valeur en douane.

Ce n’est pas tout. Il y a également la prévention de l’entrée sur le territoire douanier de marchandises de contrebande. Sans oublier la lutte contre la fraude douanière par la détection des faits de contrebande et de produits illicites ou soumis à un régime particulier. Bref, il s’agit là de la suite logique d’une dynamique de modernisation de l’administration douanière. Avec un tel équipement, il est possible de scanner jusqu’à 25 véhicules par heure.

A. M. CISSÉ

Essor Du 10 Novembre 2008