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Par les faits des forces de sécurité marocaines, le phénomène de l’immigration ne cèsse de faire des victimes. Ainsi, après les drames de Ceuta et Mellila en 2005 et du Sahara Occidental en 2007, Rabat vient d’être accusé dans une affaire similaire, où des soldas marocains auraient provoqué la noyade d’au moins 28 immigrants clandestins africains en fin avril 2008.

Aussi, le jeudi 5 Juin 2008, Amnesty International, dont la mission principale est la défense des droits de l’homme, a exigé au gouvernement marocain l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale.

Soulignons qu’en ce début du XXIème siècle, la migration dite “irrégulière”, “illégale” ou “cladestine” prend une importance considérable. C’est un phénomène mondial généralement très répandu dans les pays en voie de développement.

Pour barrer la route à ces immigrants clandestins, l’Europe a adopté la logique de fermeture des frontières. Dans cette politique, le Maroc subit une forte pression venant de l’Union Européenne qui lui recommande de renforcer le contrôle de ses frontières, de dissuader, en les refoulant, les velléités des immigrants africains vers l’Europe. Ainsi, dans son rôle de “gendarme”, le Maroc et ses forces de sécurité se font généralement responsables d’énormes pertes en vies humaines.

Pourquoi des africains se comportent-ils ainsi à l’égard d’autres africains? Le Maroc ne fait-il pas partie de l’Afrique?

Des témoignages accablants contre le Maroc

Pour ce qui concerne la noyade d’au moins 28 immigrants clandestins africains, le 28 Avril 2008, au large d’Al Hoceïma (Nord-Est du Maroc), “des rescapés témoignent que leur canot pneumatique, où 72 d’entre eux étaient montés, a été approché par quatre marocains membres des forces de sécurité à bord d’un bâteau, qui leur ont demandé de s’arrêter”, indique Amnesty International, dans un communiqué.

Selon le même communiqué, “les clandestins, qui tentaient de rejoindre l’Espagne, ont dit avoir refusé de s’arrêter . Les forces de sécurité marocaines se sont alors approchées de leur embarcation, ont commencé à la secouer, et l’un d’eux a percé le canot pneumatique à quatre endroits, avec un poignard ”.

Le Maroc a catégoriquement démenti ces accusations qui avaient été publiées par le quotidien espagnol, El Pais. Les autorités marocaines ont seulement admis le décès de dix immigrants clandestins subsahariens, après le chavirement de leur embarcation.

A travers ses différentes cellules, dont Amnesty International-Mali, Amnesty International, en plus de l’appel lancé au gouvernement marocain pour l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale, exige que les résultats de ladite enquête soient rendus publics et que les responsables de cet acte barbare et digne d’une autre époque soient jugés.

L’organisation souligne cependant que des enquêtes semblables, ouvertes par Rabat sur la mort par balles de clandestins dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila en 2005 et au Sahara Occidental en 2007, n’ont toujours pas abouti.

Moussa TOURE

13 Juin 2008