Partager

La majeure partie des Bamakois se déplace avec des engins à deux roues. Les motos coûtent moins chères et « n’importe qui » s’en procure. Avec les facilités pour avoir un engin à deux roues, il y a eu une multiplication d’accidents. Cet état de fait semble être favorisé par l’existence des grandes voies.

C’est ce qui a amené les pouvoirs publics à initier un décret instituant le port des casques, la ceinture de sécurité, et interdire l’usage du téléphone portable au volant ainsi que les véhicules dont les vitres sont teintées.

Il faut dire qu’avant les évènements de 1991, il n’ y avait pas une réglementation qui obligeait les usagers à porter les casques. Les vitres teintées sont interdites parce qu’il y a des individus mal intentionnés qui circulent à bord de ces véhicules, le plus souvent sans numéro d’immatriculation, pour commettre des dégâts.

Il y a 10 ans encore, on ne parlait pas de téléphone au volant. Favorisés par le développement, les téléphones portables sont aujourd’hui à l’origine de beaucoup d’accidents.

Aussi, auparavant il n’ y avait peu de routes praticables dans nos villes, l’excès de vitesse n’était donc pas monnaie courante. Raison pour laquelle, la ceinture de sécurité, faite pour être attachée, n’avait pas été exigée.

En tout état de cause, en l’absence de statistiques fiables, l’on se limitera à saluer l’initiative du conseil des ministres instituant notamment le port de la ceinture de sécurité.

Mais, le vrai défi, c’est de les faire appliquer. On sait que les mesures édictées par décret sont applicables dès que celui-ci est signé par le président de la République.

Aujourd’hui, les citoyens sont assez pessimistes par rapport aux chances d’une application rigoureuse des mesures prises récemment par le gouvernement du Mali. Avec la corruption et le trafic d’influence, il y a également peu de chance que, même si elles sont appliquées, que les usagers soient sanctionnés avec la même sévérité. Et ce serait dommage !


Mohamed Daou

21 septembre 2006.